Une nouvelle ère s’ouvre pour l’Association des Banques centrales africaines (ABCA). Au terme de leur 47e réunion annuelle tenue 23 au 28 novembre 2025 à Yaoundé au Cameroun, Yvon SANA BANGUI, gouverneur de la Banque des États de l’Afrique Centrale, a été porté à la présidence de cette organisation qui regroupe 41 banques centrales. Il succède à la gouverneure de la banque centrale de l’Ile Maurice, Priscilla Muthoora Thakoor.
Cette réunion état placée sous le thème, « Changement climatique et stabilité macroéconomique : le rôle des banques centrales ». Selon les participants, cette élection traduit la confiance de ses pairs et consacre son engagement en faveur de la coopération monétaire et financière avec plusieurs banques centrales du continent à l’instar des conventions de coopération signées avec la BCEAO, les Banques centrales des Comores, de Madagascar, et en perspective avec les Banques centrales d’Égypte, du Rwanda, de la République démocratique du Congo et des îles Maurices.
Faut-il le rappeler, Yvon SANA BANGUI, depuis sa nomination le 9 février 2024, par la Conférence des chefs d’État de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), s’est imposé comme une figure de leadership inspirant à la tête de la BEAC. Dans ce cadre, son action, marquée par la rigueur, la vision stratégique et la recherche constante de consensus et de transparence, est reconnue bien au-delà de la zone CEMAC. Ses pairs gouverneurs, issus de diverses régions du continent, saluent sa capacité à fédérer, à impulser des réformes ambitieuses et à incarner une gouvernance moderne et inclusive.
Une tâche ardue
« Je vais fonder ma mission sur une seule priorité : le projet d’opérationnalisation de l’Institut monétaire africain », a -t-il déclaré, précisant qu’il s’agit d’une étape fondamentale dans la mise en œuvre d’un projet datant d’une vingtaine d’années. Il s’est dit, par ailleurs, conscient de l’immensité de sa tâche à la présidence de l’ABCA. « C’est une grande responsabilité. Je pense qu’avec la contribution de tous, nous saurons relever les défis. C’est ensemble que nous allons apporter les transformations structurelles aux réformes engagées par l’ABCA », a-t-il signifié.
La priorité du nouveau président de l’ABCA se veut donc claire et précise : l’opérationnalisation de l’Institut monétaire africain en 2026. Inscrite depuis plus de vingt ans dans la feuille de route de l’Union africaine, cette réforme constitue une étape décisive vers la création de la future Banque centrale africaine et l’avènement d’une monnaie unique. L’Institut monétaire africain est conçu comme organe transitoire avant la mise en place de la Banque Centrale Africaine. Il incarne la volonté des États membres de l’Union africaine de bâtir une architecture monétaire commune, garante de stabilité et de souveraineté.
Sa mission est d’assurer la convergence macroéconomique entre les pays africains, de préparer l’avènement d’une monnaie unique en définissant les cadres juridiques et techniques nécessaires, et de renforcer la coopération entre Banques centrales.
Au-delà de sa dimension technique, l’IMA porte une vision : celle d’une Afrique capable de maîtriser son destin monétaire, de réduire sa dépendance aux monnaies extérieures et de promouvoir une croissance inclusive et durable. Ainsi, sous sa présidence, l’ABCA concentrera ses efforts sur la convergence macroéconomique et financière, la préparation institutionnelle de l’IMA, la mobilisation des expertises et des partenariats nécessaires, ainsi que le renforcement de la coopération entre Banques Centrales.



















