Le site d’information Africa Intelligence révèle plusieurs points d’achoppement dans les négociations entre les autorités gabonaises et le Fonds monétaire international (FMI). Pour étayer son analyse, ce quotidien d’informations basé à Paris informe « qu’en dehors des réunions de printemps du FMI au mois d’avril, aucune avancée n’a été enregistrée sur le futur programme d’aide. Le ministre des finances, Thierry Minko, préfère temporiser en attendant les résultats de l’audit, prévu à la mi-juillet ».
Au plan strictement local, la plateforme d’informations confidentielles renseigne « qu’avec la clôture de la session parlementaire, le 2 juillet, le Parlement a achevé l’adoption de la loi de finances rectificative pour 2026. Celle-ci prévoit une baisse marquée du budget de l’État, en décrue de 862 milliards de francs CFA (1,3 milliard d’euros) par rapport à la mouture adoptée à la fin 2025. Le nouveau budget a été élaboré dans la perspective de futures négociations avec le Fonds monétaire international (FMI), dont le Gabon a officiellement sollicité l’appui le 11 mars ».
Des discussions au point mort
Poursuivant son décryptage, Africa Intelligence indique par ailleurs que ces discussions sont au point mort. « Depuis mars, seuls les rendez-vous des assemblées de printemps du FMI, du 13 au 18 avril, ont permis un premier échange. Fin juin, les services de l’institution internationale à Washington n’avaient toujours pas reçu les éléments de la loi rectificative ». Et que « Présents à Paris le 26 juin dernier, pour les 70 ans du Club de Paris, le ministre des finances, Thierry Minko, et le directeur Afrique du FMI, le Mauritanien Zeine Ould Zeidane, n’ont finalement pas tenu leur réunion bilatérale, pourtant inscrite à leur agenda ».
En attente de l’audit de la dette
L’ampleur de la dette semble constituer un autre point d’achoppement des négociations, pointe le média. « Après avoir demandé un programme d’aide, les autorités gabonaises ont préféré temporiser, le temps de conduire un audit complet de la dette publique, dont l’ampleur reste encore inconnue des autorités. Le comité d’audit et de consolidation des passifs exigibles de l’État est tenu de rendre à la mi-juillet ses conclusions, qui doivent servir de base aux prochaines discussions ».
L’ampleur de la dette encore inconnue
Selon Africa Intelligence, le temps presse pourtant pour le Gabon, mais aussi pour l’ensemble de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). En effet, poursuit-il, « le poids de la dette gabonaise pèse sur l’équilibre de la monnaie, au point d’inquiéter les pays voisins, ainsi que le Trésor français ».
Dans ce droit fil, le 24 juin, l’agence de notation Moody’s a d’ailleurs dégradé la perspective du Gabon de « stable » à « négative », en raison de l’endettement du pays, estimant qu’il pourrait rencontrer des difficultés de refinancement à moyen terme sur le marché obligataire régional. À lui seul, l’encours de la dette gabonaise représente 30 % des titres en circulation sur ce marché. Conséquence, selon le média, « Sans programme, le FMI estime que la dette pourrait atteindre 82 % du PIB en 2026, loin du plafond de 70 % fixé par les critères communautaires ».


















