A en croire l’agence de notation Fitch Ratings, le Gabon serait en zone de fortes turbulences. Du moins, en ce qui concerne les finances publiques. En effet, dans ses récentes évaluations macro-économiques, l’agence de notation anglaise estime que la dette publique du pays va observer une substantielle hausse au cours des trois prochaines années.
Elle table ainsi sur un encours de 80,4 % du PIB, contre 72,9 % en 2024. Cela, sous l’effet d’une expansion budgétaire significative. Par la même occasion, Fitch anticipe une nouvelle hausse de ce ratio dette publique/PIB, à 85,5 % en 2026 et 86,7 % en 2027, en raison des déficits budgétaires. « Ce niveau est nettement supérieur à la médiane de 66 % prévue pour la période par les pays de catégories B, C et D. en outre, le manque de visibilité sur les opérations financières de l’État en 2025 laisse présager une dette plus élevée que nos projections actuelles », alerte l’agence.
Dans cette série de secousses financières, la baisse des réserves de change communes de la CEMAC n’est également pas de bon augure pour le Gabon. Elles ont diminué pour atteindre 6 667 milliards de francs CFA (11,5 milliards de dollars) en août 2025, contre 7 294 milliards de francs CFA (12,6 milliards de dollars) fin 2024. Cela se traduit par une réduction de la couverture des importations de biens et services, qui passe de 4,8 mois fin 2024 à 4,3 mois en août 2025.
Le Gabon, à l’instar des autres pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), a régulièrement accès à ces réserves, que la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) gère avec prudence leur utilisation, afin de préserver l’ancrage à l’euro, qui demeure essentiel à la stabilité macro-financière, renseigne Fitch.
Cette évaluation de Fitch Ratings relance les effets du service de la dette. Malgré les efforts du gouvernement pour son règlement, la question reste préoccupante. Pourtant, au mois d’octobre 2025, l’Etat gabonais a procédé au règlement des échéances de 1562,636 milliards de FCFA, dont 495,043 milliards FCFA au titre des règlements extérieurs, et 1067,593 milliards de FCFA concernant la dette intérieure. Les paiements extérieurs courants se sont établis globalement à 456,350 milliards de FCFA, dont 339,832 milliards de FCFA au titre du capital et 116,518 milliards de FCFA au titre des intérêts.




















