Le programme triennal (2021-2024) du Fonds monétaire international (FMI) avec le Gabon approuvé en aout 2021 au titre du Mécanisme élargi de crédit fait face à quelques complications. La dernière notation de l’agence Fitch Ratings livre les dessous de cette situation.
La gestion des finances publiques à rude épreuve
Selon ses indications, le Gabon continue de faire face à des défis en matière de gestion des finances publiques. L’agence évoque aussi l’accumulation continue d’arriérés extérieurs en 2022 (39 milliards de FCFA; 0,3 % du PIB) et 2023 (81,4 milliards FCFA, 0,6 % du PIB à fin mars 2023). Ce qui provoque l’impossibilité d’obtenir des financements multilatéraux.
Par ailleurs, cette faiblesse en matière de gestion des finances publiques continuera de peser sur les notations et pourraient poser des risques permanents pour le financement budgétaire en raison des problèmes persistants de coordination entre la gestion du Trésor et le bureau de la dette, alerte Fitch. Même s’il est vrai que le Gabon fait office de bon élève, avec son habitude de rembourser à temps, ses intérêts et son capital sur les euro-obligations. Cela, en dépit de l’accumulation d’arriérés envers d’autres créanciers extérieurs. Sauf que des plans de financement irréalistes pourraient créer des risques de liquidité.
Interruption du programme du FMI
Le Gabon, pour avoir manqué certains engagements a vu les troisième et quatrième revues de son programme du FMI reportées. Le FMI ayant par exemple exigé la modification de la loi de finances 2023, afin d’accroître les efforts de mobilisation des recettes par des mesures administratives, avec l’instauration de nouvelles taxes et la suppression des dépenses fiscales.
Les élections générales que le pays s’apprête à vivre le pays n’améliorent également pas une donne déjà bien tendue. Elles auraient paralysé les négociations avec le FMI et la mise en œuvre des réformes. Conséquence, le programme initialement prévu pour se terminer en juin 2024, devrait donc reprendra après les élections.
Fort de tous ces facteurs perturbateurs, il est donc peu probable que le Gabon reçoive des décaissements du FMI en 2023 (0,5 % du PIB) et d’autres financements liés au programme tels que la Banque africaine de développement (BAD ; -0,2 % du PIB). Cela, après avoir manqué d’obtenir 0,5 % du financement budgété en 2022 de cette Banque. Ce qui met en évidence, la difficulté du gouvernement à respecter les conditionnalités du FMI.



















