Le système bancaire de la CEMAC observe une évidente sérénité. En témoigne le Rapport de politique de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), dans son édition du troisième trimestre 2025.
Ce document renseigne à cet effet que la trésorerie nette des banques de la CEMAC est ressortie excédentaire de 9 500 milliards de FCFA (35,9 % du total du bilan) au 30 juin 2025. Elle a augmenté de 824 milliards de FCFA, soit +9,5 % par rapport à la situation prévalant douze mois plus tôt.
A cette date, les emplois de trésorerie ont progressé de 21,5 %, pour s’établir à 12 608 milliards de FCFA sur une année. Ils sont constitués des titres de placement et de transaction (54,4 % contre 51,9 % un an plus tôt), dont la liquidité n’est pas effective, des opérations à terme (8,5 %) et des opérations à vue (32,2 %).
Les ressources de trésorerie ont régressé de 42 milliards de FCFA, soit -1,3 % en glissement annuel au 30 juin 2025. Elles sont constituées de ressources à terme à concurrence de 74,9 % et de ressources à vue à hauteur de 25,1 %. La qualité du portefeuille de crédits des banques de la CEMAC s’est légèrement dégradée de 0,7 point de pourcentage sur un an. Le taux de créances en souffrance est en effet remonté à 17,4 % des crédits bruts, contre 16,7 % l’année précédente à la même date.
S’agissant de la liquidité bancaire, au cours des mois de mai à août 2025, les réserves brutes du système bancaire de la CEMAC, avant les opérations de politique monétaire, ont régressé de 41,8 % (360 milliards) pour se situer à 500,8 milliards de FCFA en août 2025.
Cette baisse des réserves brutes du système bancaire est consécutive à la diminution de la liquidité injectée à travers les facteurs autonomes de la liquidité bancaire (FALB), dont le solde moyen est revenu de 1 326 milliards de FCFA en mai 2025 à 1 156 milliards de FCFA trois mois plus tard (- 170 milliards de FCFA).
Par ailleurs, l’évolution du solde des facteurs autonomes de la liquidité bancaire a été principalement soutenue par la diminution des avoirs extérieurs nets et dans une moindre mesure, de l’accroissement de la circulation fiduciaire.
En effet, les effets restrictifs sur la liquidité du système bancaire, induits par les dynamiques de ces deux facteurs, n’ont pas pu être contrecarrés par les effets expansifs découlant de l’accroissement des autres facteurs (créances nettes sur les gouvernements et autres postes nets).
Concernant les réserves obligatoires, le montant moyen mensuel à constituer par les assujettis a augmenté de 70,9 milliards de FCFA depuis mai 2025, pour s’établir à 1 237,5 milliards de FCFA en août 2025. Pour ce même mois, l’encours moyen des réserves libres du système bancaire (585,8 milliards de FCFA) a représenté 55,4 % des réserves requises contre 59,5 % un an auparavant. Quant au nombre d’établissements de crédit en déficit de constitution des réserves obligatoires, il est passé de sept à huit entre mai et août 2025.
En déduisant les réserves obligatoires des réserves brutes, avant opérations de politique monétaire, le déficit de liquidité du système bancaire s’est creusé sur la période sous revue, passant de 305,8 milliards à 736,7 milliards de FCFA entre mai et août 2025. Pour combler ce déficit, la BEAC a poursuivi les injections actives de liquidité sur le marché monétaire, avec une forte augmentation de l’encours de ses avances au système bancaire.
En effet, sur le compartiment des interventions de la Banque centrale sur le marché monétaire, l’encours moyen mensuel des injections dans le système bancaire est ressorti à 1 757,6 milliards de FCFA en août 2025 contre 1 135,5 milliards de FCFA trois mois plus tôt, en augmentation de 54,8 % (622,1 milliards de FCFA).
Ces concours sont constitués : des opérations principales d’injection de liquidités dont l’encours moyen a progressé de 315,1 milliards à 451,2 milliards de FCFA ; des avances au titre de la facilité de prêt marginal dont le volume est passé de 709,7 milliards de FCFA à 1 200,3 milliards ; des avances intra-journalières qui ont baissé de 2,6 milliards à 1,9 milliard de FCFA ; et des avances octroyées via le guichet spécial de refinancement qui ont diminué de 108,1 milliards de FCFA, en mai 2025, à 104,2 milliards trois mois plus tard, avec des remboursements effectués à fin juin 2025.



















