‘’Aux grands maux de grands remèdes’’. C’est tout le qualificatif que l’on puisse attribuer à la Conférence régionale de haut niveau sur le financement durable de la diversification économique qui se tient les 26 et 27 novembre 2025 à Yaoundé au Cameroun.
Cette rencontre est organisée par le Bureau sous-régional pour l’Afrique centrale de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), en partenariat avec la CEEAC, la CEMAC et le Système des Nations Unies. Elle a pour objectif de bâtir une coalition pour des financements transformateurs
Selon les notes du Bureau sous-régional de la CEA pour l’Afrique centrale, « Cette rencontre stratégique vise à accélérer la transformation structurelle des économies d’Afrique centrale en mobilisant des financements innovants et durables pour des projets bancables à fort impact, en lien avec les capacités productives, les chaînes de valeur régionale et l’économie bleue ».
L’initiative s’avère d’autant plus salutaire. Ce, du fait qu’elle saluée par les institutions financières et partenaires au développement (les banques régionales de développement et les partenaires bilatéraux) qui la qualifient de tournant stratégique pour le financement du développement en Afrique centrale, indique-t-on.
A preuve, lors des réunions préparatoires, elles ont proposé des instruments financiers disponibles pouvant accompagner les projets matures. De la Banque mondiale à l’Union européenne, en passant par la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC) et Afreximbank, le son de cloche était pratiquement le même sans variation. Tous ces acteurs ont unanimement exprimé leur volonté de participer activement au Comité de pilotage de la Conférence et de partager leurs pipelines de projets afin de favoriser des coalitions de cofinancement régionales.
S’agissant par exemple de la Banque mondiale, elle a souligné l’importance d’un cadre régional pour les chaînes de valeur résilientes et inclusives, annonçant un portefeuille de projets régionaux de 300 millions USD chacun dans le Bassin du Congo et l’économie bleue. De son côté, toujours dans cette logique, la Banque africaine de développement (BAD) a confirmé sa volonté de synergie avec la CEA, autour de son guichet climat et de sa stratégie d’économie forestière régionale, afin de canaliser les financements vers des projets durables.
Pour sa part, la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC), la réaffirmé l’engagement à coorganiser la Conférence, à travers le Fonds Bleu du Bassin du Congo, un instrument clé de financement de la transition verte régionale. Quant à Afreximbank, elle a mis en avant, ses dispositifs d’appui à la préparation de projets bancables, aux PME exportatrices et à l’industrialisation régionale, insistant sur la nécessité d’une coalition public–privé efficace. L’Union européenne, par le biais des initiatives Global Gateway et Green Bond Initiative, a exprimé son soutien à l’intégration régionale, à la gouvernance des océans et à la finance verte.
Au cours de cet rencontre, le système des Nations unies annonce la présentation des opportunités d’appui technique et financier disponible. A cet effet, les coordonnateurs résidents des pays de l’Afrique centrale ont exprimé les priorités des différentes agences des nations unies ainsi que les axes d’accompagnement qui y sont liés. Ils ont également souligné la valeur ajoutée de cette démarche concertée, qui ancre la planification du développement sur des bases économiques solides et des données probantes.
Le Directeur du Bureau sous-régional de la CEA pour l’Afrique centrale, Jean Luc Mastaki, réitère les enjeux de cette rencontre. « L’Afrique centrale ne manque pas de projets, elle manque de financements coordonnés et durables. Cette Conférence vise à combler ce vide, en bâtissant des ponts entre les institutions financières, les gouvernements et les Nations Unies pour transformer les ressources du Bassin du Congo en moteurs d’industrialisation et d’emploi ».
Pour la bonne gouverne, l’Afrique centrale dispose d’un potentiel considérable en ressources naturelles, capital humain et énergies renouvelables, mais reste confrontée à une faible transformation locale et à un accès limité au financement à long terme. Raison pour laquelle, cette rencontre charrie de grandes et fortes attentes afin de combler ce déficit.
Cela, en : constituant un portefeuille régional de projets bancables, alignés sur les priorités de la CEEAC, de la CEMAC et des Plans nationaux de développement ; favorisant la création d’un groupe de travail sous-régional (Community of Practice) sur les financements durables, les chaînes de valeur et la valorisation du capital naturel ; instaurant un dialogue politique permanent entre gouvernements, institutions financières et partenaires techniques pour ancrer les financements durables dans les politiques publiques.



















