Le 01 décembre 2020, Moody’s Investors Service (Moody’s) a convoqué un comité de notation pour discuter de la notation du Gabon. A l’occasion, l’agence a mis en lumière, les perspectives de sa dette.
Dans son rapport, l’agence de notation révèle que la solidité de la gouvernance et le risque de liquidité du Gabon restent globalement alignés sur une notation stable. Dans ce cadre, Moody’s revient sur certains défis auxquels, le pays doit faire face. Il s’agit notamment des faiblesses institutionnelles, et la vulnérabilité des finances publiques face à la volatilité des cours du pétrole et d’autres pressions sur la liquidité financière qui signalent tous un risque de défaut non négligeable.
Cependant, souligne Moody’s « la dette publique atteindra 70% du PIB d’ici la fin 2020 et se stabilisera par la suite avant de revenir à son niveau de 2019 d’ici 2024. L’abordabilité de la dette reste modérée, les paiements d’intérêts consommant 17% des recettes publiques en 2020, contre 12% en 2019 ».Dans cette dynamique, Moody’s reste optimiste pour la conclusion des négociations du renouvellement du programme avec le Fonds monétaire international (FMI) qui a pris fin en juin 2020. L’agence indique par ailleurs que la dernière évaluation de la dette du Gabon par le FMI a été qualifiée de ‘’soutenable’’. Sur ce Moody’s conclut que l’hypothèse d’une restructuration de la dette imposée comme condition d’un programme reste peu probable.
Des progrès significatifs dans le service de la dette
Selon l’agence de notation, le Gabon a mis en œuvre des mesures pour améliorer la gestion du service de la dette depuis 2018, après avoir enregistré d’importants arriérés envers les créanciers extérieurs. Ces mesures comprennent la consolidation de tous les dépôts de l’État en un seul compte du Trésor détenu à la banque centrale, le double contrôle de l’unité de gestion de la dette par les ministères du budget et de l’économie. L’apurement des arriérés envers les créanciers extérieurs était une condition de son programme avec le FMI, qu’il a rempli en avril 2019.
Cependant, il est peu probable que les mesures introduites jusqu’à présent empêchent l’accumulation de nouveaux arriérés sur le service de la dette en période de crise de liquidité accrue comme en cette période de pandémie de Covid – 19. En outre, elles devraient sans doute améliorer la gestion des arriérés envers les fournisseurs de biens et de services nationaux. Alors que le gouvernement a organisé l’audit indépendant de ses arriérés intérieurs envers les fournisseurs, il a depuis lancé son propre groupe de travail pour examiner toutes les demandes en suspens, et a suspendu tout apurement jusqu’à ce que le groupe de travail ne rende ses conclusions.
Eviter de réaccumuler les arriérés vis-à-vis des créanciers extérieurs
En attendant, si le Gabon devait réaccumuler des arriérés vis-à-vis des créanciers extérieurs, les négociations sur le renouvellement de son programme de financement avec le FMI (Facilité élargie du Fonds), seront plus difficiles et probablement plus longues. Dans ce scénario, l’ancrage de l’assainissement budgétaire du gouvernement que le programme fournit et l’accès plus large au financement qu’il apporte, notamment en renforçant la confiance des investisseurs internationaux, prendront du temps à se concrétiser.
Le refinancement reste un défi
Enfin, si le mur de refinancement reste un défi, avec 1,4 milliard de dollars de remboursements de principal en eurobond dus entre décembre 2022 et décembre 2025, le gouvernement a des antécédents en matière d’accès aux marchés internationaux, y compris pendant les périodes de turbulences sur les marchés lorsque le soutien du FMI fournit un ancrage politique, comme en 2017 après le précédent choc pétrolier.






























