C’est ce qui ressort de l’analyse de la Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement (CNUCED) portant sur les impacts du Covid-19 sur les économies africaines.
Selon l’alerte de l’agence onusienne, la crise sanitaire mondiale liée au Covid-19 s’accompagne d’ores et déjà de graves conséquences économiques pour l’Afrique. Si les prévisions économiques initiales dans la plupart des pays sont, en moyenne, revues à la baisse cette année, en raison de la pandémie de Covid-19, la CNUCED rappelle que la situation n’était pas déjà favorable en Afrique.
L’instance en charge du commerce mondiale indexe ainsi le manque de diversification des économies africaines qui pourraient aggraver les pertes. Dans ce cadre, elle estime que des pays africains comme la Guinée équatoriale, la République du Congo et le Gabon – qui ne sont pas de grands exportateurs en volume – risquent également d’être touchés par cette éventuelle chute du commerce extérieur.
« Ce ne sont pas de grands exportateurs de pétrole mais leurs économies sont très fortement tributaires des exportations de pétrole. Or la demande mondiale du pétrole et des produits énergétiques chute à cause de la récession mondiale », fait remarquer la CNUCED.
Cas du Gabon
Cette situation n’arrange donc pas un pays comme le Gabon. Lequel a vu ses exportations observer un mouvement haussier au premier semestre 2019, dans un contexte de cours du brut relativement stable.
Ses exportations qui restent concentrées sur ses secteurs traditionnels tels que le pétrole, les mines et la filière bois ont augmenté de 14,8% au premier semestre 2019 par rapport à la même période en 2018 pour atteindre 1 628 milliards de FCFA. Dans le même temps, les importations ont également connu une hausse, grâce au regain de la demande intérieure.
Ainsi, après une baisse continue des achats du Gabon à l’extérieur depuis 2014, les importations gabonaises sont reparties à la hausse au premier semestre 2019 (+21%), à 697 milliards de FCFA marquant une reprise de l’activité.
Mais avec le manque de diversification des économies africaines, la CNUCED prévient que les pertes pourraient ne pas s’arrêter là. Au-delà du pétrole, l’agence onusienne souligne que d’autres pays africains sont tributaires des exportations d’autres produits de base et de métaux tels que le cuivre.
En Afrique de l’Ouest par exemple, des pays comme le Mali et le Burkina Faso sont ainsi dépendantes de certaines exportations agricoles telles que le coton. Pour tous ces pays, le Covid-19 rime aussi avec l’impact de la chute des cours mondiaux des matières premières et de la réduction de la demande internationale qui est provoquée par la récession mondiale. Une situation aggravée par la chute de la production industrielle dans des pays fortement industrialisés telle que les Etats-Unis, la Chine et ceux de l’Europe.
Si ces schémas ne semblent pas prometteurs, des pistes sont avancées sur l’éventualité d’une reprise de l’activité économique en Chine, premier importateur mondial de matières premières. « Ça peut limiter la casse, mais du fait de la récession dans les pays industrialisés, ça aurait un impact sur les prix des matières premières et la demande sur les produits de base », indique la CNUCED.
Elle souligne par ailleurs qu’il faudra plusieurs mois pour que la Chine revienne à son niveau d’activité d’avant Covid-19. De plus, Beijing n’est pas à même de tirer seul l’économie mondiale alors que « d’autres économies importantes telles que l’Amérique du nord et l’Europe entrent en récession ». Pour l’agence onusienne, cela aura « un impact négatif sur la Chine », et par ricochet pour « le reste du monde ».




























