L’élan d’arrimage du port d’Owendo aux standards internationaux, dignes des grandes places portuaires du monde serait-il en train d’être brisé? C’est la question que se pose l’opinion avec la mise hors d’usage du scanner à containers de ladite place portuaire depuis près de deux ans, du fait d’une simple défaillance technique, selon une source interne sous couvert d’anonymat.
Privé de cet outil stratégique à la suite de la rupture du contrat avec le société Scan Gabon, qui gérait le passage des marchandises pour l’import-export au niveau de la plateforme portuaire d’Owendo, les agents de douanes gabonaises, qui étaient sensés prendre le relais restent toujours invisibles. Pire, le nouveau scanner promis par les autorités compétentes n’est toujours pas arrivé.
Visiblement au niveau de la Direction générale des douanes et des droits indirects (DGDDI), cette situation ne semble émouvoir personne. Et comme si de rien n’était, l’on se contente désormais d’un simple contrôle physique pour pallier la défaillance. A l’heure où la sécurité des marchandises constitue un sérieux cheval de bataille pour les Etats, le Gabon semble malheureusement ramer à contre-courant de cette donne. A qui profite cette défaillance ? la question mérite pourtant toute sa pertinence.
Pourtant annoncé en grande pompe, le lancement des opérations de scanning des conteneurs au niveau des ports du pays revêtait un enjeu multiforme. Son implémentation procédait du contrat de 8,63 milliards de FCFA, signé en 2012 entre l’Etat gabonais et la société Cotecna Inspection SA, placé sous la responsabilité de Scan Gabon, une société anonyme de droit gabonais détenue à 67% par Cotecna et à 33% par le Gabon
Cet outil d’une technologie de dernière génération avait pour but de visualiser l’intérieur des containers à partir des rayons X. Ce qui constituait une aubaine pour les agents de douane souvent bien obligés de les ouvrir pour vérifier les conformités des marchandises déclarées par les importateurs. Il devait en outre permettre aux services de la douane de mieux lutter contre la fraude et le trafic qui occasionnent un important manque à gagner à l’Etat en terme de recette douanières. Tout comme il devait contribuer à la compétitivité du port d’Owendo et dynamiser l’économie gabonaise.
Un contrôle physique qui ne garantit pas la fiabilité des résultats et qui ouvre la voie à des pratiques peu orthodoxes. Des rapports incestueux entre les opérateurs économiques et les agents des douanes commis à la vérification donnent lieux à des actes de corruption et de laxisme.
Le renforcement de la sécurité dans les ports, l’accélération et la modernisation des procédures d’importation, d’exportation et de facilitation du commerce international faisaient également partie des grandes attentes portées sur ce nouvel outil. De même qu’il devait favoriser la réduction des coûts portuaires, le renforcement et la concentration des actions sur les cargaisons à risque, une lutte plus efficace contre la fraude et les importations et exportations des marchandises jugées dangereuses ou illicites.
Les regards sont tournés vers la Direction générale des douanes et droits indirects pour doter dans les brefs délais le plus grand port du Gabon d’un scanner digne de ce nom. Parce qu’on ne peut parler d’un port moderne, quand celui manque d’un outil stratégique. Comme on peut le constater, malgré de belles performances financières, – un peu comme l’arbre qui cache la forêt – l’administration douanière peine visiblement à s’arrimer à la dynamique de l’essor vers la félicité pilotée par le chef de l’Etat, Brice Clotaire Oligui Nguema.



















