La décision est loin d’être surprenante. Pour les experts elle serait en réalité motivée par le Fonds monétaire international (FMI) en pleine négociations avec le pays pour un nouveau programme budgétaire. En effet, le gouvernement gabonais vient de décider de la suspension immédiate des exonérations fiscales et douanières aux entreprises. Cette mesure procède de la volonté des autorités de mener un audit des contreparties, renseigne un communiqué du ministère de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations.
Elle fait également suite à la découverte d’un manque à gagner, estimé de 283,2 Mds FCFA sur les 7 premiers mois de 2026 (209,2 Mds FCFA du côté des douanes et 74 Mds FCFA au titre des services fiscaux). Cette décision prend effet immédiatement. Tous les avantages fiscaux et douaniers antérieurs accordés aux entreprises par décisions administratives (conventions) sont suspendus jusqu’à nouvel ordre, le temps que l’Etat gabonais détermine si les investissements, emplois, activités ou autres engagements prévus dans les conventions concernées ont produit les contreparties économiques attendues (investissements, emplois, production ou création de valeur), renseigne ledit communiqué.
Les entreprises devront ainsi s’acquitter des impôts, droits et taxes applicables à leurs activités pendant toute cette période. L’administration lancera un audit national couvrant la période 2023-2026. En outre, le ministère souligne que les mesures d’incitations fiscales et douanières expressément prévues par la loi feront l’objet d’une révision dans la prochaine loi de finances 2027 et seront soumises au vote du Parlement.
En se penchant sur ces exonérations, le gouvernement vise différents objectifs : sécuriser un impôt obligatoire qui finance l’assurance-maladie, faire payer un minimum et ne plus permettre une exonération totale, ne pas fragiliser le financement de la CEEAC et de la CEMAC, ramener le patriotisme et la responsabilité dans le paiement des impôts.



















