Les lampions de la première édition du Forum national de l’épargne pour le développement (FONED) se sont éteints le 03 septembre dernier avec de réels motifs d’espoir. Pendant deux jours, les participations ont planché sur le thème : « Épargne et souveraineté financière : la Caisse des Dépôts, instrument du financement endogène du Plan national de croissance et de développement (PNCD 2026-2030)». Ce rendez-vous avait pour objectif principal de trouver les véhicules nécessaires pour mobiliser l’épargne nationale et celle de la diaspora pour financer le PNCD, qui représente un défi global de 27 000 milliards de FCFA sur la période 2026-2030.
Dans ce cadre, six grands axes et panels allant de l’épargne brute à l’investissement productif ont guidé les travaux. Il s’agissait entre autres de : la mobilisation des ressources domestiques et capter l’épargne des ménages ; la souveraineté financière et rôle de la Caisse des Dépôts comme instrument de financement interne ; le financement endogène du PNCD 2026-2030 ; l’investissement productif et création d’emplois durables ; la mobilisation de l’épargne de la diaspora et la digitalisation, distribution et inclusion financière (notamment l’utilisation du Mobile Money comme canal d’accès à l’épargne).
Au terme des travaux, puiseurs résolutions et enseignements ont été mis en exergue. Le premier était relatif à la confiance. Laquelle passe par la sécurité, transparence Car, a-t-on indiqué, « Il n’y a pas de mobilisation durable de l’épargne sans un cadre juridique et réglementaire qui la sécurise ». La transparence a également été de mise. « Sans transparence dans la gestion des institutions qui la collectent et sans un effort résolu d’éducation financière et de sensibilisation de nos populations ». Les participants ont aussi souligné la nécessité d’intégrer progressivement l’épargne informelle au circuit financier, afin qu’aucune ressource nationale ne demeure dormante.
Le deuxième enseignement a mis en lumière, la condition nécessaire qui puisse permettre de faire de l’épargne de devenir un levier de développement à condition qu’elle soit transformée. Ainsi, les panels consacrés à l’ingénierie de cette transformation ont identifié des pistes concrètes, structuré des véhicules d’investissement permettant de mutualiser les ressources domestiques, développé des produits d’épargne longue diversifiés et segmentés, adaptés aux ménages comme aux compagnies d’assurance et aux fonds de retraite, renforcé la participation des investisseurs institutionnels au financement de l’économie, développé des marchés et instruments financiers nationaux et sous-régionaux, recensé en regard des besoins des projets structurants, des ressources domestiques, des moyens domestiques effectivement mobilisables.
Le troisième enseignement, quant à lui a porté sur l’architecture financière à construire alignée sur les priorités du Plan national de croissance et de développement. Sur ce volet, les échanges ont précisé la fonction de chaque maillon de la chaîne du financement endogène, de la collecte de l’épargne jusqu’au décaissement. D’où le rôle stratégique des institutions telles que la Caisse des dépôts et consignations tiers de confiance et investisseurs publics de long terme, tels que le Fonds gabonais d’investissement stratégique, la Société de garantie du Gabon, les banques, les compagnies d’assurance, le marché financier dans son ensemble et les partenaires régionaux s’avère indispensable.
Les participants ont également recommandé de systématiser les prises de participation minoritaires assorties d’un effet de levier sur les capitaux privés, de créer des fonds thématiques et des sociétés projets par secteur prioritaire, d’examiner l’adaptation des textes fondateurs de nos institutions publiques de financement au financement endogène, le gouvernement a entendu ces propositions. Le rôle de la diaspora au financement du développement national a également été évoqué et encouragé. Il s’agit d’un chantier auquel le gouvernement attache une importance particulière.
Avec ce premier forum, la Caisse de dépôt et consignation a tracé la voie afin que les Gabonaises et Gabonais où qu’ils vivent, puissent participer directement au financement de la transformation du pays. A la clôture de l’événement, le ministère de l’Economie rassuré sur la prise en compte de toutes ces recommandations afin qu’elles puissent être traduites en mesures opérationnelles en lien avec la Caisse des dépôts et consignations, les autorités de régulation et l’ensemble des administrations concernées. Deux mots ont traversé l’ensemble des panels et l’ensemble des discussions tout au long de ces deux journées : la confiance et l’éducation financière. « Car, comme cela a été dit et répété, la souveraineté financière ne se décrète pas, elle se construit décision après décision, instrument après instrument, franc après franc. Elle ne consiste pas à nous isoler du monde, mais à nous donner davantage de moyens pour y agir. Non pas à rejeter les partenariats, mais à les bâtir sur des fondations solides », a déclaré le Directeur du cabinet du ministre de l’Economie, Césaire Tsinga, représentant le ministre empêché.
Selon lui, « Chaque ressource nationale mobilisée doit devenir un levier supplémentaire pour attirer d’autres capitaux et accélérer d’autres développements au service d’une ambition supérieure, le bien-être des Gabonaises et des Gabonais. Un vœu si cher à la plus haute autorité de notre pays », a-t-il déclaré, avant de formuler le vœu que « la dynamique née à Libreville se poursuive et s’amplifie».




















