Les besoins de financement identifiés dans le secteur électrique gabonais mettent en avant deux priorités : le développement maîtrisé de la production et le renforcement massif du transport.
Production
S’agissant de la production, les investissements s’élèvent à 1,55milliard USD, dont 1,45 milliard USD provenant du secteur privé et concernent notamment les nouvelles centrales hydroélectriques : Booué ($ 835 m), Sindara ($305 m), Fé2 ($154 m) et Impératrice ($ 151 m).
Ensemble, ces centrales hydroélectriques devraient ajouter plus de 600 MW supplémentaires, mais après 2030. Il sera toutefois essentiel de calibrer finement ces ajouts par rapport à la croissance réelle de la demande. Une amélioration de la prévision de la demande et de la planification énergétique sera essentielle pour éviter les risques de surinvestissement et optimiser l’allocation des ressources. Sans cela, une surcapacité pourrait apparaître, nécessitant soit d’attendre la mise en œuvre complète des interconnexions intérieures, soit d’orienter le pays vers un rôle d’exportateur net d’électricité dans la sous-région.
Transport
Le transport constitue le segment le plus déterminant, avec 2,29 milliards USD d’investissements, financés en grande partie par le secteur public. L’enveloppe 2026–2030 doit être comprise comme un apport initial critique pour mobiliser le 2,29milliards, qui reste un programme d’investissement sectoriel plus large et continu, qui dépasse l’horizon 2030. Son développement permettra de relier les différents réseaux encore fragmentés, d’optimiser le mix de production, et de réduire les coûts du système électrique.
Il créera également les conditions techniques pour intégrer davantage de renouvelables intermittents (notamment le solaire) si le gouvernement souhaite, à l’avenir, accélérer sur ces technologies. Enfin, l’achèvement des interconnexions internes facilitera l’ouverture vers la CAPP, permettant d’exporter un éventuel excédent de production. En résumé, la stratégie d’investissement vise à sécuriser l’approvisionnement, soutenir la compétitivité économique du pays et positionner le Gabon comme un acteur énergétique mieux connecté et potentiellement exportateur.
Le réseau de distribution constitue le dernier maillon et le plus visible entre la capacité de production et le foyer gabonais. Il est pourtant le plus fragilisé : des infrastructures vieillissantes, des réseaux sous-dimensionnés et des pertes techniques atteignant 29% font que l’électricité produite n’est pas toujours l’électricité livrée, et la crise énergétique que traverse le Grand Libreville se ressent avec le plus d’acuité à ce niveau.
Pour y répondre et poser les fondations d’un système de distribution moderne et résilient, le gouvernement s’engage à investir 250 millions USD dans des investissements prioritaires portant sur la réhabilitation des réseaux HT/BT, le déploiement de compteurs intelligents et des interventions ciblées visant à réduire les pertes techniques et commerciales.
Ces investissements sont indispensables non seulement pour tenir les engagements du Pacte en matière d’accès universel, mais aussi pour créer les conditions de recouvrement des coûts, de discipline de facturation et de fiabilité du réseau qui rendent la transformation globale du secteur durable et crédible aux yeux des investisseurs privés.



















