Les lignes bougent au ministère des Mines et des Ressources Géologiques. C’est le moins que l’on puisse dire, suite à l’exercice de restitution des réformes et autres initiatives engagées au terme des 100 premiers jours d’action du ministre Sosthène Nguema Nguema à la tête de ce département ministériel
C’est dans le cadre de cet exercice de redevabilité institué par le président de la République, Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA que le ministre des Mines et des Ressources Géologiques, Sosthène Nguema Nguema est récemment passé sur la première chaine de télévision afin de décliner le bilan des 100 premiers jours d’action de son département ministériel.
Selon le membre du gouvernement, son action a été encadrée par une feuille de route précise. Ainsi, dès sa prise de fonction, il a engagé un diagnostic complet du secteur minier, portant à la fois sur l’organisation interne du ministère et sur les activités des opérateurs privés.
Mise en place d’un Comité de management du ministère destiné à renforcer la coordination, la transparence et l’efficacité de l’action administrative
Le premier grand acquis de cette démarche aura été la création du Comité de management du ministère (C2M). « Il s’agit, selon lui, d’un mécanisme de concertation hebdomadaire destiné à renforcer la coordination, la transparence et l’efficacité de l’action administrative. Sur le plan réglementaire, cinq textes majeurs ont été adoptés au cours de cette période, jetant les bases de la réforme du Code minier afin de l’adapter aux ambitions de la 5e République ».
D’autres initiatives structurantes toutes aussi stratégiques ont également été engagées. Parmi lesquelles, la signature de la convention d’exploitation du gisement de fer de Milingi avec la société Avilla Mining Gabon constitue une avancée majeure. L’entrée en service de l’usine est prévue pour décembre 2026. Faut-il le rappeler, « Avec des réserves estimées à près de 500 millions de tonnes, ce projet devrait générer environ 500 emplois directs et 1 200 emplois indirects ». Dans ce droit fil, le projet ferrifère de Banyaka poursuit quant à lui sa phase administrative finale, pour une mise en exploitation envisagée au premier trimestre 2027, a renseigné le membre du gouvernement.
Interrogé sur la situation actuelle du gisement de Belinga développé par la société Ivindo Iron, il en ressort que, « les travaux d’exploration se poursuivent activement. À ce jour, 225 000 mètres linéaires de forage ont permis de certifier près de 1,4 milliard de tonnes de minerai de fer dans le bloc ouest du site. Le démarrage de l’exploitation est prévu à l’horizon 2030 », a indiqué le ministre des Mines.
Au cours de la période sous revue, la société chinoise Zanin, active dans la province de l’Estuaire, a également franchi une étape importante en sollicitant un permis d’exploitation pour un gisement estimé à 640 millions de tonnes de fer, après deux décennies de recherches.
Le gouvernement reste focus sur l’objectif de transformation locale du manganèse
En ce qui concerne le minerai de manganèse, le gouvernement poursuit son objectif de transformation locale de la ressource, a rappelé le ministre, avec une interdiction de l’exportation du minerai brut programmée pour 2029. « Dans ce cadre, plusieurs opérateurs sont déjà engagés dans cette dynamique industrielle. Comilog a identifié un site à Owendo pour l’implantation de ses futures unités de transformation, tandis que Nouvel Gabon Mining prévoit la mise en service de son premier four à Mounana dès décembre 2026. De son côté, le groupe japonais AML poursuit les études relatives à son implantation. À terme, cette stratégie de transformation locale devrait permettre la création d’environ 16 000 emplois ».
Un mécanisme de traçabilité de la production ainsi qu’une politique de constitution d’un stock national d’or sont en cours d’élaboration
D’autres réformes ont également été menées dans le secteur aurifère, désormais classé parmi les minerais stratégiques. Elles concernent son exploitation artisanale. A cet effet, « des cartes individuelles d’exploitation ont été suspendues au profit d’un système de coopératives exclusivement réservé aux nationaux. La mise en place de ce nouveau dispositif devrait être prochainement validée en Conseil des ministres. Parallèlement, un mécanisme de traçabilité de la production ainsi qu’une politique de constitution d’un stock national d’or sont en cours d’élaboration », a indiqué Sosthène Nguema Nguema.
Porter la contribution du secteur minier au PIB national de 6 % actuellement à près de 20 à 25 % d’ici 2030
Visiblement pour un Gabon qui veut aller loi, Sosthène Nguema Nguema a décidé de ménager la monture du gouvernement. Sur le plan international, le pays a renforcé sa diplomatie minière à travers sa participation à plusieurs rencontres majeures. A preuve, « Lors du salon Mining Indaba en Afrique du Sud, un accord de coopération a été conclu avec le Geoscience Council. Au Canada, à l’occasion du sommet de Toronto, deux permis de recherche ont été attribués à des sociétés canadiennes. Au total, 21 permis de recherche et 14 permis d’exploitation ont été délivrés au cours des cent premiers jours. Dans le même temps, 163 fiches bleues ont été signées et transmises à la Fonction publique afin de favoriser l’intégration des agents du ministère ».
À travers ces différentes réformes et projets, le ministère des Mines et des Ressources Géologiques réaffirme sa volonté de faire du secteur minier un levier majeur de diversification économique, d’industrialisation et de création d’emplois. Cette ambition s’inscrit dans la vision du chef de l’État, qui vise à porter la contribution du secteur minier au PIB national de 6 % actuellement à près de 20 à 25 % d’ici 2030.



















