Au Gabon, le temps de l’impunité est résolument révolu. A preuve, en pleine célébration de la fête de la nativité ce 25 décembre 2025, la justice gabonaise a été sans état d’âme pour l’ancien ministre du Tourisme, Pascal Ogowé Sifon. Il a été placé sous mandat de dépôt et écroué ce jeudi 25 décembre 2025 à la prison centrale de Libreville, au terme d’une audition fleuve de plus de vingt heures.
Selon des sources proches du dorissier, « Cette décision lourde de sens, met en exergue un dossier tentaculaire, fait de projets emblématiques jamais réalisés, de circuits financiers opaques et de soupçons persistants de conflits d’intérêts ». En outre, « il décrit un faisceau de dossiers marqués par des promesses publiques restées sans suite, des engagements financiers controversés et de lourds soupçons de conflits d’intérêts ».
Au centre des investigations figure le projet des six écolodges, présenté comme un levier de relance du tourisme durable, mais dont le bilan est implacable. « Il n’y a aujourd’hui ni fondations, ni bâtiments, ni même de site réellement aménagé », confiait une autre source.
Autre détail, les documents judiciaires liés à cette affaire révèlent un système de décaissements financiers impliquant plusieurs proches du ministre : COMPTE BGFI 1 (2). Selon les pièces transmises à la justice, les fonds destinés à la relance du tourisme auraient été transférés vers des comptes personnels via des chèques signés par des membres de son entourage direct. Ces éléments corroborent les soupçons d’appropriation illégale de fonds publics et de gestion opacité, au cœur de la procédure judiciaire engagée contre Pascal Ogowé Siffon pour détournement de près de 10 milliards de FCFA.
L’enquête continue de mettre en lumière les mécanismes internes qui ont permis ces transferts. Les documents fournis par la banque BGFI et la CDC (Caisse de dépôt et consignations) révèlent une série de transactions effectuées entre janvier et décembre 2025. Par ailleurs, le compte du ministère a vu des entrées importantes, notamment un virement de 500 000 000 FCFA en janvier 2025, suivi de sorties massives vers des comptes personnels.
Du 29 novembre 2023 au 4 décembre 2025, des 5,8 milliards de FCFA logés dans le compte de BGFI, il ne reste plus que… 28 millions de FCFA. Et Entre janvier et décembre 2025, plus de 1,5 milliard de FCXFA ont été retirés en espèces ou transférés vers des comptes personnels, souvent sans justification ni pièce justificative.
Il convient toutefois de noter que l’ancien ministre du Tourisme n’a, à ce stade, fait l’objet d’aucune condamnation. Son placement sous mandat de dépôt relève d’une détention préventive, décidée dans le cadre de l’instruction en cours, alors qu’il était jusqu’ici présenté devant le juge d’instruction. Cette mesure vise à garantir la poursuite sereine des investigations, sans préjuger de l’issue judiciaire du dossier.
Il appartiendra désormais au juge d’instruction, à l’issue de ses investigations, de déterminer la juridiction compétente à laquelle le dossier sera transmis. Selon les éléments actuellement évoqués, une orientation vers la cour criminelle spécialisée est envisagée, sans que cette hypothèse ne préjuge ni de la qualification définitive des faits ni de la responsabilité pénale de l’intéressé. En droit, la présomption d’innocence demeure pleinement applicable jusqu’à une décision de justice devenue définitive.




















