L’Afrique centrale semble bien partie pour la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Elle vient en effet de valider sa toute première stratégie régionale pour cet instrument. C’était à la faveur des travaux relatifs au 4ème session du sous-Comité des questions douanières et commerciales et de la 1ère session du sous-Comité des affaires économiques du comité technique spécialisé du marché commun, des affaires économiques, monétaires et financières de la CEEAC, tenus à Libreville, du 19 au 21 juin 2023.
Cette stratégie régionale a pour mission de contribuer au renforcement de l’intégration économique et commerciale des États de l’Afrique Centrale, par l’insertion harmonieuse des États membres et de la Communauté au marché unique africain. Son modus operandi est bâti sur six objectifs stratégiques. La première étape consistera, en l’état actuel des marchés de l’Afrique centrale, à arrimer le cadre réglementaire et opérationnel commercial de la sous-région au contenu de l’Accord. La stratégie accorde une place de choix au développement du secteur privé.
Elle réserve donc un accompagnement entier et spécifique aux créateurs de richesse. En effet, pour réussir la mobilisation et l’engagement des opérateurs économiques, leur plein épanouissement sur les questions commerciales est une exigence.
L’urgence d’enclencher une dynamique robuste d’offre
De l’avis des experts, « pour tirer le meilleur parti de la ZLECAf en Afrique centrale, il est urgent d’enclencher une dynamique robuste d’offre. Elle passera inéluctablement par la promotion des politiques intérieures favorables au commerce et à l’investissement. Dans la même optique, la stratégie conseille de favoriser l’expansion des exportations et la conquête des marchés continentaux ».
« Il faudra, pour ce faire, encourager l’utilisation des technologies de l’information, développer ou intégrer les chaînes de valeur régionales et mondiales, réactiver la politique agricole commune de la CEEAC et surtout mobiliser les femmes et les jeunes entrepreneurs de la région pour investir dans les chaînes de valeurs à haut potentiel identifié. Le niveau d’intégration physique actuelle réputée faible devra être corrigé par l’accélération et l’exécution des projets d’infrastructure dans les secteurs des transports, de communication et de l’énergie ».
Exigence des compétences spécifiques
Il convient également de noter que la mise en œuvre satisfaisante de l’accord ZLECAf au niveau sous-régional exige des compétences spécifiques. La stratégie prévoit le renforcement des capacités des autorités nationales et régionales compétentes en matière de commerce afin d’assurer le suivi minutieux de l’exécution des termes de l’accord et des conditions d’une bonne mise en œuvre.
Pour son succès, sa mise en œuvre réussie passera inéluctablement par l’assistance aux acteurs œuvrant aux frontières et aux organismes de réglementation des secteurs de services. Ceci, pour enraciner la facilitation des échanges notamment la fluidité des flux commerciaux mais également garantir la compétitivité à travers des questions liées telles commerce de services, investissement, propriété intellectuelle, politique de concurrence.
La sous-région devra déployer des outils habiles et innovants tels que : analyse comparative, analyse des lacunes réglementaires, évaluations de l’impact économique, modélisation économique, rationalisation des procédures, évaluations de la transparence réglementaire et les consultations des parties prenantes.
Mise en œuvre d’plan de surveillance de la mise en œuvre de la stratégie
Pour rendre la stratégie pragmatique et s’assurer de la transformation des activités réalisables en activités qui marchent, un plan de surveillance de la mise en œuvre de la stratégie, appuyé par des mécanismes de mobilisation des financements, sera défini.
La stratégie régionale ZLECAf est la troisième phase de l’accompagnement de la CEA dans le cadre de la mise en œuvre de cet agenda continental en Afrique centrale. Le premier niveau a consisté, après une étude quantitative rigoureuse, à cerner les gains et les pertes associés à l’engagement de la sous-région dans la ZLECAf.
Il en est ressorti que les avantages attendus en termes de gains de croissance, de création d’emplois, de mobilisation des recettes intérieures, de promotion d’investissement et de développement technologique sont supérieurs aux pertes en recettes douanières à court terme. Le deuxième niveau a été de sensibiliser l’ensemble des parties prenantes puis d’accompagner les pays à l’élaboration, l’adoption et la mise en œuvre des stratégies nationales ZLECAf.
La mise en œuvre de la ZLECAf en Afrqiue centrale est sur de bons rails
Tous les pays de la sous-région ont déjà ratifié et déposé les instruments de la ZLECAf. De ce fait, ils ont démarré la mise en œuvre de leur stratégie nationale de façon inclusive. Le segment régional, qui définit la troisième étape, fait converger les stratégies et les marchés sous-régionaux vers le développement des économies d’échelle et des chaines de valeurs régionales.
Avec le Bureau de la CEA pour l’Afrique centrale



















