Après un investissement bien consistant, la Compagnie minière de l’Ogooué (Comliog) vient de se désengager du projet minier de niobium et de terres rares Maboumine. Cette décision a été actée par le Premier ministre, Rose Christiane Ossouka Raponda ce 18 novembre 2022 avec le pilotage de la signature du contrat de cession des actions de Maboumine filiale de Comilog, au bénéfice de l’Etat gabonais. La cérémonie a été élargie aux ministres des Mines, Elvis Ossindji et de l’Economie et la Relance Nicole Jeanine Roboty et de plusieurs directeurs généraux sectoriels directement impliqués dans le projet.
A l’occasion, le chef de la Task Force Mine est revenu sur le deal avant de renseigner sur les attentes portées sur ce projet. « Le projet de Maboumine est projet prioritaire du gouvernement un projet phare du Plan d’accélération de la transformation. Nous assistons à la signature de cession des actions de Mboumine à l’Etat gabonais ; le gouvernement reprends en main le projet à l’issue de cette signature dans l’administration va devoir chercher d’autres partenaires pour valoriser le potentiel qui se trouve dans le gisement de Maboumine », a-t-il indiqué.
« Nous avons mené des négociations avec l’État gabonais pour rétrocéder nos parts dans la société, pour permettre de donner un nouveau souffle au secteur minier qui est très important pour l’économie gabonaise », a justifié Loïse Tamalgo, directeur général de Maboumine.
L’on se souvient qu’en 2018, le chinois CMOC International, filiale à 100% de China Molybdenum avait manifesté son intérêt pour ce projet. Ses responsables avaient même rencontré les autorités gabonaises en vue d’une reprise potentielle. Une délégation du groupe s’est en effet entretenue fin mai 2018, avec le ministre gabonais des Mines et a confirmé, à l’occasion de cette réunion de travail, vouloir reprendre le projet. Cet entretien avait même donné lieu à la présentation d’un « rapport sur l’évolution des discussions entre Eramet et CMOC » ainsi qu’à un « échange sur les attentes des deux parties pour la concrétisation du projet minier »
Selon des sources proches du dossier, cette cession s’est faite pour « un franc symbolique ». Et en termes de perspectives, la prochaine étape consiste à trouver un repreneur à qui l’administration va octroyer un permis de recherche pour une étude d’impact sur environnement et afin suivra la dernière étape qui consiste à l’attribution du permis d’exploitation « .
Pour rappel, sur le projet Maboumine, Comilog, la filiale du Groupe Eramet détenait 76% des actifs de cette société qui projetait l’exploitation dudit gisement polymétallique situé dans la province du Moyen-Ogooué au centre du pays. Le site, encore inexploité, recèle plusieurs métaux, dont du niobium (2e gisement mondial), des terres rares, du tantale qui est une matière première utilisée dans l’aéronautique, l’automobile ou l’électronique. L’on signale aussi la présence du scandium, des phosphates et de faibles quantités d’uranium.
Le scénario de sa mise en œuvre se caractérise entre autres par une mine à ciel ouvert conventionnelle, conçue pour une durée de vie initiale supérieure à 20 ans extensibles à plus de 40 ans avec l’exploitation ultérieure des zones nord et sud du gisement. La production du site est estimée à 2 millions de tonnes de minerai brut par an qui seront traitées dans une section minéralurgique. Ce qui devrait générer environ un million de tonnes de minerai concentré.



















