La déplorable réalité a été déclinée le 04 août dernier, à la faveur de la célébration en différée, de la journée internationale de la conservation de l’écosystème de la mangrove.
Célébré sous le thème : «La mangrove : Lieu de séquestration du carbone et de reproduction de la faune et de la flore», cette journée a été ponctuée par d’importantes activités, sous la coordination du Secrétaire général adjoint du ministère des Eaux et Forêts, David Obame Nguéma.
Plusieurs autres structures se sont jointes à cette activité. Il s’agit entre autres du Haut-commissariat à l’environnement et au cadre de vie, de l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN), et de l’ONG Plurmea Gabon.
A l’occasion, une campagne de sensibilisation ainsi qu’une activité de restauration de la mangrove a été initiée à Mindoubé Shanghai, dans le 5e arrondissement de la capitale, Libreville. Le Secrétaire général adjoint du ministère des Eaux et Forêts donne des éclairages sur les enjeux de ces initiatives. «Il est toujours possible de poser des actes visant à reboiser les zones saccagées», a –t-il déclaré.
Avant de poursuivre, «100 000 hectares de mangroves disparaissent chaque année dans le monde, en raison de l’activité humaine. Notre pays est également touché comme en témoigne les sites de Mindoubé (…) il est indispensable d’insister sur la nécessité de préserver ces espaces».
Sans pour autant être passé au stade inquiétant, ces pertes au Gabon, devraient déjà attirer l’attention des uns et des autres. Car, selon l’exposé du Directeur de l’aménagement et de la restauration des écosystèmes aquatiques, Robert IGA-IGA, la menace est déjà à prendre au sérieux.
Il révèle à cet effet qu’étude réalisée en 2016 par les ONGs Keva initiative, Plurmea et WRI, basée sur l’analyse d’images satellites a montré une perte de 492,44 ha des mangroves entre 2000 et 2016, dont de 425,50 ha (soit 86,41%) dans la seule province de l’Estuaire.
La commune d’Akanda, située au nord de la capitale, Libreville a enregistré des pertes de l’ordre d’environ 59,30 ha entre 2017 et 2020. Des pertes localisées dans les parties proches des bras de mer, touchées par l’extension urbaine.
La commune de Libreville est la plus impactée. Selon l’analyse des images satellitaires Sentinel 2, la superficie de mangrove perdue est estimée à 66,90 ha. Les zones les plus touchées sont les parties nord (quartiers Bel-Air, Ambowè, Alibandeng) et sud (quartier Mindoubé, le long de la rivière Lowé).
Quant à la commune d’Owendo, elle enregistre une perte estimée à 12,98 ha. Les zones les plus impactées étant les quartiers Igoumié, Akournam, Alénakiri et Shanghai.
La dernière localité étudiée est la commune de Ntoum. Moins nocives pour la mangrove, la localité enregistre des pertes de l’ordre de 12,97 ha, au cours de cette période sous-revue. L’on révèle par ailleurs que durant cette période, les mangroves n’ont pas connu de grandes perturbations comparativement à celles situées dans les autres communes du Grand Libreville. Toutefois, des changements ont été observés dans les quartiers Pk 18, Bikélé et Nkok.
Les campagnes de terrain réalisées au cours de cette opération, ont également permis de mettre en évidence, l’urbanisation comme principale cause de destruction des mangroves dans le Grand Libreville. En effet, les pertes les plus importantes ont été relevées dans les zones touchées par extension urbaine.




















