La ministre des Affaires sociales et des Droits de la femme, Prisca Prisca R. Nlend Koho a représenté le Gabon, à la 8ème Session de la Conférence ministérielle de l’Organisation de la coopération islamique sur la femme au Caire, en Egypte.
Cette rencontre dont le thème portait sur : « La préservation des Acquis de l’égalité des Sexes et l’autonomisation des Femmes à la lumière de la Pandémie du Covid-19 et au-delà », s’est déroulée du 6 au 8 juillet 2021. A l’occasion, Prisca Prisca R. Nlend Koho a décliné la politique implémentée par le pays en matière d’approche genre. Autrement dit, le dispositif juridique et constitutionnel mis en œuvre pour défendre la cause, la justice et les droits des femmes.
Au cours de son intervention, Prisca R. Nlend Koho est revenue sur les grandes étapes qui jalonnent le parcours du Gabon pour la promotion de la femme.
Arrimage au dispositif à l’échelon international
Premier arrêt, la signature en 1983, de la Convention pour l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF). « En 1983, Le Gabon ratifiait la Convention pour l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard des Femmes (CEDEF); en 1995, mon pays intégrait la logique du programme d’actions de Beijing, et en 2011, nous adoptions le « Protocole à la charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique » communément appelé « Protocole de Maputo », a indiqué le membre du gouvernement gabonais.
Un cadre constitutionnel non négligeable
Au plan purement interne, Prisca R. Nlend Koho a t décrit le cadre constitutionnel qui encadre la promotion de la femme dans son pays. « La Constitution de la République gabonaise consacre la parité Homme/Femme et garantit les droits inviolables et imprescriptibles de tous les citoyens, sans distinction. Ainsi l’éducation est obligatoire pour tous les enfants âgés de 3 à 16 ans, quel que soit le sexe. Légalement, il n’y a aucune distinction entre l’homme et la femme, quant à la participation à la vie publique. Les femmes ont le droit de se présenter aux élections politiques sans aucune discrimination », a-t-elle déclaré.
Un dispositif qui, loin d’être figé est en permanente amélioration. « Pour progresser vers une parité certaine, une loi fixe désormais à 30% le quota des femmes et des jeunes aux élections politiques et aux emplois supérieurs de l’Etat. Le code du travail gabonais, qui n’est pas en reste, dispose que tous les travailleurs sont égaux et bénéficient de la même protection et des mêmes garanties. Toute discrimination en matière d’emploi et de condition de travail fondée notamment sur la race, la couleur, le sexe, la religion, l’opinion politique, l’ascendance nationale ou l’origine sociale sont interdites », a fait observer Mme la ministre.
Un dispositif juridique bien étoffé
Selon Prisca R. Nlend Koho, le Gabon dispose d’un arsenal juridique, certes non exhaustif, mais qui sous-tend l’ensemble des politiques et des programmes nationaux élaborés, en vue de l’autonomisation et le développement intégral de la femme.
En sus du cadre juridique, précise-t-elle, le Gabon a fournis de nombreux efforts pour promouvoir le genre féminin. En premier lieu, elle a cité l’implémentation de la Décennie de la femme gabonaise (2015-2025), instituée le 23 mars 2015, par le président de la République, Ali Bongo Ondimba. Ce concept vise à intensifier la promotion et la protection des droits de la femme.
A ce dispositif s’ajoutent, le renforcement des capacités des femmes en création et en gestion des activités génératrices de revenus et la mise en œuvre du Programme des réalisations agricoles et des initiatives des nationaux engagés (GRAINE). Lequel a pour ambition de rendre le Gabon autosuffisant en denrées alimentaires et qui implique les femmes. de manière plus spécifique.
Selon Prisca R. Nlend Koho, d’autres leviers non négligeables sont encore mis en œuvre pour la promotion de l’égalité des sexes et les droits de la femme. Il s’agit entre autres, de la gratuité de la prise en charge des enfants des jeunes filles mères économiquement faibles dans les haltes garderies publiques, pour leur permettre de poursuivre leur scolarité et/ou d’acquérir des formations ; le financement des formations professionnelles des femmes, pour leur permettre d’accéder à un emploi ; l’adoption par les différents acteurs socio-économiques de l’intégration du genre comme stratégie d’intervention pour la prise en compte effective des besoins différenciés des femmes et des hommes en termes de conditions de vie, de situations et de positions sociales.
La promotion de la femme, un combat quotidien au Gabon
Autrement dit, la promotion de la femme est un combat quotidien au Gabon. Et dans ce cadre, de nouvelles actions stratégiques ont récemment vu le jour. Il s’agit notamment de la lutte contre les Violences basées sur le genre (VBG). Des violences selon elle, « qui font le lit de la pauvreté des femmes à l’échelle mondiale. Non, cite particulièrement le lancement du numéro gratuit d’écoute et d’orientation qui est opérationnel depuis le 30 avril 2021 ».
Le lancement du Programme gabonais de qualification des femmes en entrepreneurs digital (PROGAFFED)” fait également partie de cet attelage. En effet, le PROGAFFED a pour objectif, d’autonomiser les femmes au foyer, en les formant à l’utilisation du digital et en faire une opportunité de création des Activités génératrices de revenu en période de crise sanitaire actuelle et au-delà.
Cette initiative favorise ainsi leur résilience pendant cette période difficile, a rappelé le membre du gouvernement. Dans ce cadre, d’ici à 2023, 10 000 femmes bénéficieront de ce programme sur l’ensemble du territoire national.
Le déploiement à la mi-juillet 2021 – dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie de réduction des inégalités femme/hommes – d’un programme de mentorat pluridisciplinaire et politique, regroupant près de 80 femmes mentors et presqu’autant de mentorées, pour favoriser l’éclosion d’un leadership féminin dans les prochaines années, traduisent également cette volonté des autorités gabonaises de promouvoir la gente féminine.
« La détermination et l’engagement constants des plus hautes autorités du pays, pour promouvoir l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes ont une fois de plus été réaffirmés par le président de la République gabonaise, au cours de son intervention le 25 juin 2021, devant les parlementaires réunis en Congrès », a indiqué Mme Prisca R. Nlend Koho.
A l’occasion, a-t-elle poursuivie, Ali Bongo Ondimba a, à cet effet, confirmé la mise en place d’une Stratégie de réduction des inégalités femmes/hommes dit « Gabon Egalité » en 33 mesures. Elle a pour objectif, de renforcer les droits des femmes et l’égalité femme-homme. Ces mesures sont actuellement mises en œuvre par le gouvernement Gabonais.
Ce positionnement institutionnel au plus haut niveau est soutenu en permanence par la Première Dame, Sylvia Bongo Ondimba, dont les actions en faveur des femmes aussi bien au plan national qu’international ne sont plus à démontrer. Ainsi, du plaidoyer ayant abouti à la résolution onusienne n°65/189 relative à la célébration, le 23 juin de chaque année, de la Journée Internationale des veuves, à toutes les actions qu’elle mène au plan national, témoignent tous de son inaltérable souci pour le bien-être de la femme gabonaise, ainsi que de son apport inestimable pour la promotion de ses droits.
Une détermination régalienne d’encadrer la gente féminine
Au niveau ministériel, le ministère des Affaires sociales et des Droits de la femme dont elle a la charge, veille entre autres, à la promotion et à la protection des droits de la femme au quotidien. Une attention particulière a d’ailleurs été nécessaire à l’endroit de cette cible, pendant la pandémie de la Covid-19. Laquelle a été davantage sollicitée, sur tous les fronts. Aussi bien, sur le plan domestique, professionnel que social.
« La crise sanitaire actuelle menace assurément les acquis en faveur des droits des femmes dans le monde y compris au Gabon, en dépit des actions stratégiques et mécanismes publics de riposte. A ce titre, il est plus qu’urgent d’une part, de préserver dans nos différents pays, ces acquis en faveur de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes, et de proposer des perspectives novatrices pour faire face à l’après Covid, d’autre part », a déclaré le membre du gouvernement.
Enfin, pour Prisca R. Nlend Koho, « Parler d’égalité de sexe et d’autonomisation des femmes, c’est permettre, dans la distribution du pouvoir et de la connaissance, que les deux sexes soient en mesure de recevoir des parts équitables. Il est donc important de faire en sorte qu’ils aient les mêmes droits et les mêmes obligations pour accéder aux mêmes opportunités d’emploi, de revenu ainsi qu’aux ressources de manière générale ».
Message d’espoir
Selon Prisca R. Nlend Koho, le rôle de la femme ainsi que son implication dans le développement de la société ne sont plus à démontrer. « C’est par cette détermination des femmes que nous parviendrons en confiance et de manière plus efficace, à protéger les jeunes filles et les femmes de toutes les formes de discrimination », a-t-elle relevée. Avant d’indiquer que cette conférence qui offre un cadre pour le partage d’expériences, constitue une occasion certaine pour s’améliorer et se compléter. Cela, afin d’anticiper avantageusement sur un avenir que l’on souhaite tous, avec empressement, sain et heureux.



















