Dans une note sur le Gabon, publiée le 15 juin dernier, l’agence de notation, Fitch Ratings dégage une tendance plus ou moins favorable, sur les perspectives des finances publiques au Gabon.
En effet, depuis sa note « CCC », attribuée au Gabon, en décembre 2020, l’agence de notation, Fitch Ratings prévoit désormais que le déficit budgétaire atteindra 2,1% en 2021 et 0,8% en 2022, contre ses prévisions précédentes de 3,4% et 1,7%, respectivement.
Cette évolution, explique l’agence, « repose sur la dernière hypothèse d’un prix du pétrole Brent de 63 USD le baril en 2021 et de 55 USD en 2022, et des niveaux de production de 185 000 barils par jour (bpj) en 2021 et 200 000 bpj en 2022. Les autorités prévoient une production de 205 000 bpj en 2021, mais les données de janvier-mai suggèrent qu’il sera difficile pour le Gabon d’atteindre son objectif, même avec une accélération attendue au second semestre 2021 ».
Pour rappel, la note triple C attribuée au Gabon en décembre 2020, reflétait l’opinion selon laquelle, «les risques pour la capacité de remboursement de la dette restent élevés en raison du manque de liquidités et des incertitudes concernant l’accès au financement externe. Des tensions aiguës sur les liquidités sont dues à la forte dépendance du Gabon à l’égard des revenus pétroliers dans le contexte du choc des prix du pétrole combiné à des besoins de financement élevés, des difficultés récurrentes à obtenir les financements externes attendus et une mauvaise gestion des finances publiques ». L’agence de notation jugeait alors qu’il était probable que le Gabon ait accumulé de nouveaux arriérés sur la dette extérieure en 2020.
Fitch Ratings prévoyait également une détérioration du solde budgétaire. Celui-ci devait passer d’un excédent de 0,8 % en 2019 à un déficit de 4,7 % du PIB en 2020, le déficit se réduisant à 3,4 % du PIB en 2021 et à 1,7 % du PIB en 2020.
L’agence tablait également sur une contraction des revenus à 28 % en 2020, sur la base d’une hypothèse d’un prix moyen du Brent de 41 USD le baril pour cette année sous revue. Par ailleurs, le respect partiel des quotas de l’OPEP devait entraîner une baisse de la production pétrolière de 5,6 %.
Il en est de même d’une augmentation des dépenses courantes, tirées par les dépenses de santé, ainsi qu’une augmentation des dépenses en capital sur 2020-2022, conformément au programme politique du gouvernement, mais à un niveau inférieur à celui budgété.
Cette tendance morose indiquait également que les soldes budgétaires négatifs combinés à des échéances de dette élevées, devaient entraîner des besoins de financement élevés en 2021 et 2022, à près de 9,2 % du PIB, tout en maintenant les risques de liquidité élevés. Dans le même temps, les besoins globaux de financement de l’État devaient ainsi s’élever à 1,05 milliard USD (12% du PIB) en 2020, net de l’opération de refinancement obligataire conclue en février 2020, qui a fortement pesé sur la position de liquidité du Gabon.
En outre, le Gabon n’a pas pu obtenir le décaissement de plusieurs prêts d’appui budgétaire qui étaient attendus au cours de l’année. Ce qui a mis en évidence, les faiblesses dans la gestion des finances publiques et une flexibilité de financement limitée.
Et comme si cela ne suffisait pas, un prêt d’appui budgétaire de 200 millions de dollars de la Banque mondiale n’a pas abouti, en raison de retards dans la formalisation de la conditionnalité. Enfin, le décaissement de 110 millions de dollars de la Banque africaine de développement n’a représenté que la moitié du montant initialement attendu par les autorités.



















