Une équipe du Fonds monétaire international (FMI) conduite par Édouard Martin a effectué une mission virtuelle avec la République Centrafricaine du 4 au 20 mai 2021. Cette mission avait pour objectif de mener des discussions sur un programme de référence appuyé par les services du FMI.
Dans sa déclaration au terme de cette mission, Édouard Martin revient notamment sur l’impact social et économique de la détérioration de la situation sécuritaire et la fermeture du corridor entre Bangui et le Cameroun.
Selon lui « La coupure de la principale source d’approvisionnement du pays a notamment entrainé une forte hausse des prix à la consommation et affecté la production du fait du manque d’intrants ».
Autrement dit, « Si la réouverture du corridor a permis une reprise des flux commerciaux, ceux-ci restent inférieurs aux niveaux enregistrés dans le passé. Même en supposant qu’elle continue à se rétablir progressivement au cours des prochains mois, l’activité économique devrait se contracter légèrement cette année, alors qu’une croissance de 3½ pour cent était prévue avant que la situation sécuritaire ne se détériore », précise-t-il.
Par ailleurs, ajoute-t-il, « Après avoir fortement augmenté en début d’année, l’inflation devrait baisser progressivement, pour se rapprocher de 3 pour cent en glissement annuel en fin d’année. Du fait principalement d’une baisse des importations, le déficit des transactions courantes baisserait à environ 6½ pour cent du PIB en 2021, contre 8½ pour cent du PIB en 2020 ».
« La fermeture du corridor a aussi sensiblement affecté les finances publiques. Les recettes intérieures de l’État étaient inférieures au premier trimestre d’environ 20 pour cent aux attentes, tandis que les dépenses de sécurité ont fortement augmenté. Conjugué aux dérapages budgétaires enregistrés fin 2020 et à de moindres appuis budgétaires, ceci a entraîné une baisse rapide des dépôts de l’État auprès de la BEAC », mentionne-t-il.
Mais, «afin de s’assurer que l’État puisse faire face à ses obligations financières au cours des prochains mois, l’équipe du FMI a souligné l’importance, dans le cadre de la loi de finances rectificative, de réviser à la baisse les dépenses non-prioritaires pour compenser la hausse des dépenses sécuritaires. Au vu de l’apparente résurgence de la pandémie, l’équipe du FMI a aussi encouragé les autorités à accélérer la mise en œuvre de leur stratégie de vaccination avec le soutien de leurs partenaires techniques et financiers ».



















