Malgré la crise du Covid, certains partenaires économiques privés du Gabon montent en puissance, permettant ainsi au pays de jouer, mais aussi et surtout, de poursuivre la carte de la diversification économique.
Le Gabon surprend. Dépendant de l’activité pétrolière (8()% des exportations, 45% du PIB, 6()% des recettes budgétaires), le pays a amorcé en 2015 une politique de diversification qui a attiré des investisseurs internationaux.
Derniers symboles forts la nomination, en juillet, de la première femme Premier ministre du pays, Rose Christiane Ossouka Raponda. Puis celle, début décembre 2020, du nouveau directeur de l’Agence nationale de promotion des investissements, Ghislain Moandza Mboma. Des IDE qui ont atteint 1,5 milliard de dollars en 2019, selon la Cnuced. Ces flux se sont d’ailleurs révélés indispensables pour passer le cap de cette année 2020, le budget de l’État ayant été réduit de 10%.
Dans son Budget 2021, en revanche, le Gabon avait prévu d’augmenter à nouveau (+27%) ses dépenses d’investissement, les ressources propres de l’État destinées au financement de ces projets grimpant même de 104%. Parallèlement, les dépenses d’investissement financées par des partenariats public-privés étaient annoncées en forte baisse. Pourtant, les PPP réussissent plutôt bien au Gabon, à l’image de la montée en puissance du singapourien Olam, impliqué initialement dans l’agrobusiness, puis en 2016 dans la zone économique spéciale du Gabon (GSEZ) aux côtés d’Africa Finance Corporation (AFC).
Début 2020, la GSEZ a été rebaptisée Arise et se décline en trois entités : Arise port & logistics (P&L), Arise integrated industrial Platforms et Arise infrastructure services. La première a pour actionnaires traditionnels Olam (31%) ainsi qu’AFC (passé de 21% à 26%) et, depuis le 23 janvier 2020, AP Moller Capital avec 43%, la filiale du géant danois des transports et de la logistique A.P. Moller-Maersk ayant racheté les 38,5% de l’État gabonais.
Arise P&L est présent au Gabon au port d’Owendo, en Côte d’Ivoire et en Mauritanie avec le projet de terminal industriel polyvalent de San Pedro et le terminal à conteneurs de Nouakchott.
En outre, la réhabilitation et la construction de la Transgabonaise ‘Libreville Franceville 780 km, 1,1 milliard de dollars), fait également en PPP avec Arise P&L et le fonds français Meridiam. Cette infrastructure routière devrait permettre d’écouler le bois, les produits agricoles et desservir la ZES de Nkok où sont transformées les grumes.
Premier employeur du secteur privé, Olam, déjà présent dans plusieurs secteurs d’investissements, a reçu en octobre dernier, pour construire une usine de biocarburant à partir de l’huile de palme. Le singapourien commence donc à peser très lourd.
Tous ces investissements s’inscrivent dans le cadre du plan stratégique Gabon émergent qui vise à faire du pays, une économie émergente d’ici à 2025. Cela, grâce notamment à la diversification de l’économie mais également e faisant du Gabon, une destination d’investissements compétitive à l’international.
Avec le CIAN



















