Décidément, la disparition du président tchadien, Idriss Déby Itno suscite de réelles préoccupations à travers le monde. Dans son registre de compassions, de regrets et même de critiques, c’est Helen Clark, présidente du Conseil d’administration de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), qui vient à son tour, d’indiquer ses inquiétudes sur les conséquences que pourra provoquer cette situation.
A travers une déclaration datant de ce 23 avril, elle exprime sa grande préoccupation sur cette disparition. «J’adresse mes plus sincères condoléances à la famille du défunt Président qui fait le deuil de sa disparition. Ces évènements peuvent potentiellement déstabiliser davantage le Tchad, et plus largement, les régions du Sahel et de l’Afrique centrale. A l’ITIE, nous demandons à toutes les parties prenantes du Tchad de faire preuve de retenue et de s’assurer du respect des libertés civiques pendant cette période difficile », a-t-elle indiqué.
Pour l’ITIE, «Le Tchad, avec d’autres pays de la région, s’est engagé à mettre en œuvre la Norme ITIE comme un outil d’amélioration de la gestion des ressources extractives. Le Tchad dispose de gisements riches en pétrole brut. Ils ont généré des revenus s’élevant à 676 millions de dollars US en 2018, après remboursement des prêts adossés aux ressources et des coûts du transport, soit 20% du PIB et 75% des exportations ».
Et d’ajouter, « Malgré des progrès sur des réformes de gouvernance du secteur extractif au Tchad, y compris la publication de contrats et de Rapports ITIE comportant des données sur le secteur, la route est encore longue pour assurer que les citoyens bénéficient pleinement des ressources du pays. Il serait grandement préoccupant de voir les évènements récents mettre à mal la mise en œuvre de l’approche inclusive à la gouvernance intégrée dans la Norme ITIE. Il est très important que les représentants de la société civile puissent participer librement au processus ITIE et à la prise de décisions sur l’avenir du secteur extractif ».
Pour rappel, l’Initiative pour la transparence dans les Industries extractives (ITIE) est une initiative qui vise à renforcer, dans les pays riches en ressources pétrolières, gazières et minières, la bonne gouvernance des revenus publics issus de leurs extractions.
Le Tchad a adhéré à ce processus le 20 août 20072. L’institution du mécanisme de mise en œuvre et de suivi de Transparence dans les industries extractives a été mise en place le 14 décembre 2007. Le pays a été accepté comme pays candidat le 16 avril 2010. Les efforts du gouvernement, avec l’appui du Haut comité national ont permis d’atteindre le statut de pays conforme le 15 octobre 2014 à la conférence de Myanmar.
Par ailleurs, le Tchad a déjà publié onze rapports ITIE depuis son adhésion couvrant les années 2007 à 2016 ainsi que le rapport de 2017 qui vient récemment d’être préparé et publié3. Le 08 mai 2019, le Conseil d’administration de l’ITIE a décidé, suite à la première validation du Tchad qui a commencé le 1erseptembre 2018, que, dans l’ensemble, le pays a accompli des progrès significatifs dans la mise en œuvre de la norme ITIE 2016. La deuxième validation du Tchad par rapport à la norme ITIE, été programmée le 8 novembre 2020. Cette validation a été reportée pour tenir compte de la transition vers le nouveau modèle de validation



















