A la faveur d’un entretien accordé à l’agence ECOFIN en début de semaine, Marlène Ngoyi Mvidia (photo), est longuement revenue sur les grands axes de son action au sein de la filiale BGFIBank RDC qu’elle préside aux destinées sans pour autant omettre d’éclairer la lanterne des uns et des autres, sur les accusations dont a été victime cette filiale, il y a quelques mois.
Nommée lors du Conseil d’Administration de BGFIBank RDC, tenu le lundi 5 novembre 2018, à Libreville, Marlène Ngoyi Mvidia est appelée à écrire les nouvelles pages de l’histoire de BGFIBank RDC, en vue du développement. Et dans cet entretien, d’un ton plein d’engagement, elle annonce les grandes ambitions qu’elle nourrit pour BGFIBank RDC ainsi que sa stratégie : « Mettre les bonnes personnes au bon endroit », en même temps, qu’elle lève avec dextérité, le voile sur les accusations portées sur sa banque l’an dernier.
A propos fait-elle savoir, « A l’âge de l’internet, à l’heure des médias sociaux, du cycle d’information ultra-rapide et d’un certain engouement pour ce qui relève du sensationnel, qu’il soit avéré ou pas ; chaque entreprise et chacun d’entre nous individuellement est malheureusement susceptible, un jour, de faire l’objet d’allégations publiques négatives».
Comme une espèce de rançon de la gloire, « C’est en effet un véritable challenge de notre temps dont BGFIBank RDC n’est pas exempt. Il est toujours désobligeant de voir sa réputation attaquée, d’en subir les conséquences même quand parfois les auteurs se rétractent officieusement, ou officiellement pour les plus éthiques ».
Et d’ajouter « Si en général le consensus des experts est de ne pas porter le flanc à ces accusations, au risque de les amplifier ; la diffusion de certains propos entraîne, par leur nature, un appui juridique afin d’apporter des réponses concrètes et d’ainsi rétablir la vérité, la clarté et surtout la confiance entre l’ensemble des parties prenantes ».
Malgré tout, et pour plus de clarté, «BGFIBank RDC lance en ce premier trimestre 2019, sa prochaine phase d’accélération de croissance, « AccTrans 2020 » et la Direction générale ainsi que l’ensemble des 135 collaborateurs s’engagent à continuer de travailler en parfaite transparence avec l’ensemble de son écosystème incluant les clients, les partenaires bancaires, les régulateurs et les Etats, pour ne citer que ceux-là, dans le respect des lois et des règlementations applicables».
Selon elle, la stratégie mise en place « En qualité de filiale, membre d’un groupe financier international de premier plan, est d’opérer sur base de normes d’excellence en ligne avec les plus strictes exigences de tous nos partenaires africains et internationaux ».
Pour ce faire « Nous avons lourdement investi dans les ressources (humaines, informatiques) et les processus adéquats et maintenons cet objectif comme une priorité absolue et partie intégrale de notre plan de développement. BGFIBank RDC prend sa responsabilité sociétale très sérieusement et souhaite à travers l’ensemble de ses activités contribuer positivement aux enjeux économiques, éthiques et environnementaux chers à l’ensemble de nos partenaires internes et externes à travers le monde ».
En termes de projets dans le cadre de la digitalisation, Marlène Ngoyi se veut davantage précise et dévoile une panoplie d’innovations. « Pour BGFIBank RDC, AccTrans 2020 inclut une transformation digitale pour offrir à notre exigeante clientèle de particuliers haut de gamme, de PMEs à haut potentiel, de Corporate de premier plan et d’institutionnels, une expérience digitale répondant à leurs besoins de rapidité et de commodité ».
De manière chronologique, elle annonce les premières innovations pour ce premier 2019. « En effet, dès le premier semestre 2019, les clients de BGFIBank RDC auront à travers BGFIonline et BGFImobile l’occasion de consulter leurs comptes, d’exécuter des transactions et d’obtenir des informations administratives 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. L’expérience humaine restera entièrement disponible également à travers notre réseau d’agence dans tout le pays afin de continuer d’offrir à nos clients, l’expérience BGFI d’un service personnalisé, offrant conseils et solutions sur mesure pour leurs besoins de placements, de financement et d’investissement ».
L’accompagnement des femmes et des jeunes qui a été toujours été l’un des credo de la maison mère, ne sera pas en reste. « Les femmes représentent 50% de la population en RDC et les jeunes ayant moins de 20 ans plus de 60%. Dans un pays émergent en quête de développement, l’entrepreneuriat offre des opportunités aux jeunes et aux femmes pour devenir créateur plutôt que demandeur d’emploi ».
Dans ce cadre rassure-t-elle, BGFIBank RDC ne va déroger à la règle. « BGFIBank RDC est soucieuse d’accompagner ce mouvement et c’est pour cela que nous travaillons en ce moment même sur plusieurs initiatives en partenariat avec des bailleurs internationaux et des entreprises locales telles que l’incubateur « Working Ladies » focalisées sur l’émancipation économique des femmes et de la jeunesse congolaise. Nous savons sur base de notre expérience que les entrepreneurs ont souvent besoin de plus que juste du capital et c’est pour cela que nous contribuons, à travers nos conseils, à des modèles de soutien qui pourront toucher le plus grand nombre et être répliqués à plus grande échelle à travers le pays pour un impact social majeur ».
De manière concrète, « Nous encourageons les partenaires multilatéraux et les investisseurs internationaux à considérer un partenariat avec BGFIBank RDC pour financer à travers notre réseau les femmes et la jeunesse, avec la satisfaction d’un retour sur investissement financier et un impact social important. », indique-t-elle.
A propos de l’investment banking, sa spécialité, elle indique que « Cette ligne de métier, aujourd’hui dirigée par mon collègue M. Léandre Bouanza Mombo, fera partie intégrale de l’offre de services de BGFIBank RDC en partenariat avec BIB. Nous souhaitons soutenir les entreprises locales mais aussi accompagner et conseiller l’Etat, les institutions parapubliques, les larges corporate, les partenariats publics-privés et les investisseurs internationaux dans la mise en œuvre de projets majeurs en RDC (énergie, infrastructure, industries extractives/mines, FMCG etc.) ».
Dans ce cadre, « BIB et BGFIBank RDC interviendront en qualité d’arrangeur dans la conception, la structuration, l’exécution et le suivi de plans de financement complexes en partenariat avec nos partenaires financiers internationaux. Nous avons, dans le passé, levé plusieurs milliards de dollars dans le cadre de transactions à succès et on souhaite introduire ces solutions sur le marché congolais dès à présent. », annonce-t-elle.
Au sujet des coûts dont la hausse s’est traduite par un bond du coefficient net d’exploitation à 73%, bien au-dessus de la moyenne en Afrique centrale en 2017, Mme la Directrice a fait avoir que « Le coefficient net d’exploitation des banques en RDC est particulièrement élevé à plus de 70% pour les trois premières banques du pays ».
Avant d’indiquer que « Ceci révèle de la relative faible rentabilité du secteur à ce stade de développement, mais nous restons optimistes pour une amélioration sur le moyen et le long terme. Pour atteindre des seuils acceptables de coefficient net d’exploitation, il nous faudra jouer sur deux leviers : augmenter notre PNB via un renforcement de nos marges et de nos parts de marché sur base d’une offre de services supérieure et maîtriser nos coûts à travers une efficience maximale de notre chaine de valeur ».
Pour la résiste de la stratégie « Acc Trans 2020 » elle se veut plutôt optimiste. « Je suis convaincue que rien de ce que nous ferons durant le plan AccTrans2020 n’est plus important que de mettre les bonnes personnes au bon endroit et d’accentuer une culture de la performance pour que l’entreprise puisse atteindre les objectifs ambitieux fixés. Par cela, je veux dire qu’une excellente stratégie ne créée de la valeur que si elle est exécutée par des hommes et des femmes engagées à relever les challenges et capturer les opportunités. À la fin de la journée, plutôt que de parier sur des points stratégiques, on parie plutôt sur la capacité de l’équipe à exécuter la stratégie, laquelle peut être amenée à évoluer sur base d’un contexte changeant ».
Quant à un éventuel rapprochement entre BGFIBank Congo et BGFIBank RDC, Marlène Ngoyi laisse indiquer qu’il existe beaucoup de synergies possibles entre BGFIBank Congo Brazzaville et BGFIBank RDC Kinshasa tant au niveau du transfert des connaissances, du capital humain et de la mutualisation de certains investissements etc.
Mais qu’à cela ne tienne, « Nous prévoyons d’accroître la collaboration avec notre filiale sœur qui brille depuis presque deux décennies en qualité de première banque du Congo Brazzaville. », conclue-t-elle.
Avec ECOFIN




























