Principale société de raffinage du pays, la Société nationale de raffinerie (SONARA), située à Limbé (région du Sud-Ouest Cameroun), a été créée en 1973 et inaugurée en 1981. Il y a une décennie, la compagnie a lancé un projet d’extension et de modernisation de ses unités afin de booster sa production.
Elle dispose à ce jour d’une capacité de raffinage de 2,1 millions de tonnes de pétrole brut par an. Un incendie accidentel s’est déclenché le 31 mai 2019 dans les installations de la SONARA à Limbé, ravageant le site de production de l’entreprise avec l’explosion des cuves de produits inflammables. Le 1 er juin 2019, la Direction de la société a annoncé, via un communiqué, la suspension provisoire de sa production et des engagements vis-à-vis des partenaires.
Compte-tenu de l’importance de la SONARA dans l’économie du Cameroun, dans la mesure où elle est considérée comme étant une entreprise de grand standing, conformément à la classification COBAC, il a été jugé nécessaire de présenter les résultats de l’impact simulé de cet accident sur le cadre macroéconomique du pays. Les résultats obtenus se présentent comme suit sur les différents comptes macroéconomiques
Secteur réel
D’après les comptes nationaux arrêtés pour l’année 2017 par l’INS-Cameroun, la branche raffinage représente 0,35 % du PIB à prix constant (2005) et 0,53 % du PIB nominal du pays. Sa contribution à la croissance réelle du PIB était par ailleurs de 0,2 point au cours de cette année, avant la prise en compte de l’incendie.
En considérant qu’en 2019, la SONARA a opéré pendant cinq mois, avant la catastrophe, il a été estimé que cet incident induirait une perte de croissance de 0,1 point. A moyen terme, l’impact sur la croissance serait d’environ 0,2 point et 0,1 point, respectivement en 2020 et 2021, en supposant que la SONARA ne reprendrait ses activités que dans deux ans.
Secteur extérieur
L’impact sur le compte extérieur, bien que marginal, ferait passer le déficit prévisionnel du compte courant, dons compris, de 2,9 % du PIB à 3,0 % du PIB en 2019. Il résulterait principalement des importations des biens d’équipement nécessaires aux travaux de réhabilitation, ainsi que de la hausse des importations des produits pétroliers (produits blancs), en substitution du pétrole brut habituellement importé et raffiné par la SONARA.
Finances publiques
En sa qualité de principal actionnaire de la SONARA, l’Etat du Cameroun pourrait faire face aux dépenses de réhabilitation de la raffinerie, à la prise en charge de la mise en chômage technique du personnel, aux charges financières sur ses engagements courants et à des coûts d’opportunité liés au renchérissement des produits pétroliers plus onéreux que le pétrole brut. En conséquence, la situation des finances publiques pourrait se détériorer, entraînant un accroissement de l’endettement public.
Secteur bancaire et financier
Les crédits bruts à la SONARA sont estimés à 119,3 milliards à fin avril 2019, soit 3,3 % du volume total des crédits bruts. En supposant que la SONARA ne pourrait plus faire face à ses engagements financiers en raison de la suspension de ses activités. Cela, en dépit des dépôts de près de 87 milliards à fin avril 2019 et qui seraient prioritairement utilisés pour des cas urgents, le taux des créances en souffrance du système bancaire camerounais s’élèverait à 19,6 % au lieu de 16,2 % à fin avril 2019, traduisant une dégradation plus importante de la qualité du portefeuille de la clientèle.
Avec la BEAC





























