Le rapport d’audit réalisé par le cabinet indépendant, PricewaterhouseCoopers Cameroun (PwC Cameroun), choisi par la BEAC, pour l’évaluation de la Bourse de valeurs mobilières d’Afrique centrale (BVMAC) et de Douala Stock Exchange (DSX) en vue de leur fusion est accablant, surtout pour la première.
En clair, outre l’évaluation financière exhaustive des deux bourses, le cabinet devait également proposer une stratégie optimale de fusion. Les résultats de l’évaluation des deux bourses et la proposition d’option de fusion issus des travaux du cabinet avaient été examinés le 7 décembre 2018, et devaient être soumis à la validation de leurs organes délibérants respectifs, qui devraient se réunir avant le 15 janvier 2019.
En conclusion, selon PricewaterhouseCoopers Cameroun, »la BVMAC, n’a connu qu’une seule société cotée, et n’a jamais dégagé de bénéfice en 17 ans d’activités. Sa plateforme était reconnue obsolète par tous les auditeurs (CMF, COSUMAF et PwC). Autrement dit, sa valeur était donc nulle ».
Pour rappel, c’est en 2000 qu’il avait été décidé de fixer le siège de la BVMAC à Libreville, la capitale gabonaise, par les chefs d’Etat de la CEMAC. Une décision contestée, par le Cameroun, qui finira par mettre sur pied une bourse nationale, la DSX. Malheureusement, la BVMAC a peiné décoller, avec trois seulement entreprises cotées jusqu’à la fusion avec la DSX.
Pourtant, la BVMAC était née du constat par la Banque des États d’Afrique centrale (BEAC) de l’absence d’un instrument de financement des investissements longs dans la sous-région CEMAC. La BVMAC avait donc vu le jour en 2003. Mais il lui avait fallu cinq ans pour coter son premier titre. Sa contribution au financement de l’économie reste marginale, en comparaison avec d’autres marchés financiers de pays en développement.
Selon les spécialistes, la faible performance du marché financier en zone CEMAC est en partie due à la coexistence de deux bourses indépendantes. Un fait qui plaçait les opérateurs économiques dans une insécurité juridique, de nature à compromettre leur investissement.





























