Le Conseil d’administration de la filiale camerounaise du gabonais BGFIBank a officiellement validé, le 27 février 2026, le passage du capital social de la banque de 20 à 50 milliards de francs CFA, soit l’équivalent d’un bond de 36 à 90 millions de dollars américains.
L’opération s’inscrit dans un contexte de durcissement réglementaire imposé à l’ensemble du secteur bancaire de la zone CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale).
En effet, la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), réunie le 10 décembre 2025 à Libreville, a adopté une décision historique : le relèvement du capital social minimum exigé de toutes les banques agréées dans la sous-région, porté de 10 milliards à 25 milliards FCFA, avec entrée en vigueur au 1er janvier 2026.
Les établissements qui ne seraient pas en conformité au 31 décembre 2026 devront soumettre un plan de relèvement de capital au secrétaire général de la COBAC avant le 30 juin 2026, sous peine de sanctions pouvant aller jusqu’au retrait d’agrément. Avec un capital désormais fixé à 50 milliards FCFA — soit le double du nouveau seuil réglementaire —, BGFIBank Cameroun se place non seulement en conformité totale, mais affiche une marge de sécurité prudentielle rare dans le système bancaire camerounais, renforçant sa capacité d’absorption des risques et sa flexibilité stratégique sur le marché.
Performances financières
Cette recapitalisation, qui résonne comme un signal fort dans le paysage bancaire camerounais et sous-régional, est annoncée dans un contexte de solidité des fondamentaux financiers de la banque. Dans son communiqué officiel, BGFIBank Cameroun a en effet annoncé une progression de 18 % de son résultat net sur l’exercice écoulé, un niveau qualifié d’« exceptionnel » par le Conseil d’administration et décrit comme « largement supérieur aux objectifs fixés ». Cette performance témoigne de la bonne tenue des activités de la banque sur un marché camerounais en constante évolution, malgré les pressions inflationnistes et les tensions géopolitiques régionales.
Selon les données de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), publiées en janvier 2026, BGFIBank Cameroun occupe le 4e rang du marché bancaire camerounais en termes d’offre de crédits. Le renforcement de ses fonds propres lui permettra mécaniquement d’augmenter son plafond d’exposition au risque par client, d’accroître son encours de crédits et d’accompagner avec plus d’ambition les grandes opérations de financement de l’économie camerounaise.
Un signal stratégique du groupe
Au-delà de la conformité réglementaire, cette décision constitue un signal stratégique fort de la maison-mère. En multipliant son capital par 2,5 en une seule décision, la filiale camerounaise du groupe indique dans son communiqué que cette opération « traduit la confiance renouvelée du groupe BGFIBank dans le potentiel de croissance du Cameroun et sa volonté d’accompagner le développement ambitieux de la filiale ».
Pour le groupe présidé par Henri-Claude Oyima, qui a procédé à son introduction en bourse à la BVMAC (Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale) à la fin de l’année 2025, le Cameroun — première économie de la zone CEMAC —, où il opère depuis quinze années, demeure un pôle stratégique de premier plan. Avec son réseau de 22 agences et 5 points de caisse répartis dans les 10 régions du pays, la filiale dispose d’une empreinte territoriale quelque peu rare sur le marché.
Avec Financial Afrik


















