Sur la base des données disponibles au 31 mars 2019, l’inflation repartirait à la hausse sous la pression de la demande intérieure et de la pression fiscale.
La dynamique haussière du niveau général des prix entamée timidement dans la CEMAC, au quatrième trimestre 2017, s’est accélérée dès le troisième trimestre 2018, tout en demeurant contenue en deçà de la norme communautaire de 3 %.
En effet, le taux d’inflation en moyenne annuelle est remonté à +2,7 % au terme du premier trimestre 2019, après +2,0 % en décembre 2018, contre +1,2 % en mars 2018. Cette évolution en moyenne annuelle de l’indice des prix à la consommation des ménages est observée dans tous les Etats membres. La situation se présente comme suit : Cameroun (+ 1,4 %), République Centrafricaine (+1,5 %), Congo (+1,1 %), Gabon (+5,3 %), Guinée Equatoriale (+2,2 %) et Tchad (+4,5 %).
En glissement annuel, la variation du niveau général des prix dans la CEMAC est passée de +3,9 % au 31 décembre 2018 à +3,6 % à fin mars 2019, contre +1,2 % un an auparavant. Les performances par pays au 31 mars 2019 ressortent de la manière suivante : Cameroun (+2,7 %), République Centrafricaine (+4,6 %), Congo (+1,8 %), Gabon (+4,1 %), Guinée Equatoriale (+3,2 %) et Tchad (+2,4 %).
L’analyse de l’inflation suivant les contributions des différentes fonctions de consommation montrent que, sur la période sous revue, l’évolution du niveau général des prix a été fortement impulsée par les contributions des composantes « logement, eau, gaz, électricité et autres combustibles », « produits alimentaires et boissons non alcoolisés », « articles d’habillement et chaussures », et « restaurants et hôtels ».
Ainsi, entre mars 2018 et mars 2019, la contribution de la fonction « logement, eau, gaz et électricité » est passée de 0,0 point à +1,9 point, et celle de la fonction « restaurants et hôtels » de +0,1 point à +0,4 point. Sur la même période, la participation de la fonction « produits alimentaires et boissons non alcoolisées » est restée inchangée à 0,3 point, tandis que celle des « articles d’habillement et chaussures » est remontée de +0,0 point à fin mars 2018 à +0,3 point l’année suivante.
Les fonctions « boissons alcoolisées et le tabac », et « transports », n’ont chacune contribué qu’à hauteur de +0,2 point, contre respectivement une contribution nulle et +0,3 point un an auparavant.
La hausse du niveau général des prix à fin mars 2019 traduit principalement des effets combinés de : l’augmentation de la pression fiscale sur les produits alimentaires et des boissons de grande consommation, dont les effets se propagent aux coûts des prestations dans le secteur de la restauration et de l’hôtellerie, et l’indexation des prix à la pompe au cours international du pétrole brut, qui a entraîné la hausse des prix des biens alimentaires et d’autres biens de consommation courante au Gabon. Cette dynamique a été atténuée par une demande publique modérée et des conditions monétaires relativement resserrées, et une campagne agricole relativement bonne.






























