Au-delà des impacts socio-économiques que va engendrer l’actuelle pandémie du Coronavirus, la crise de 2014 avait déjà été révélatrice de plusieurs vulnérabilités dans les économies d’Afrique centrale.
La stabilité macroéconomique a certes été rétablie grâce aux mesures prises par les Etats avec l’appui des bailleurs de fonds internationaux, mais l’absence de réformes visant à réduire les faiblesses structurelles des économies expose la zone à une crise identique, si un nouveau choc sur les prix des matières premières venait à se produire.
Les effets pourraient même être plus graves car les États se sont appauvris (les recettes pétrolières de la zone ont été divisées par deux entre 2014 et 2019, les marges de manœuvre sur les dépenses d’investissement sont désormais minimes, et comme indiqué plus haut les réserves sont certes revenues au niveau souhaité, mais restent inférieures de moitié à leur niveau de 2014).
Un nouveau choc sur les prix supposerait donc un ajustement nettement plus douloureux. Dans la perspective d’une seconde génération de programmes, le volet structurel des réformes devra faire l’objet d’un plus grand volontarisme de la part des autorités pour faire progresser la gouvernance économique et financière.
La mobilisation des recettes domestiques est un enjeu central, mais elle doit provenir d’une base élargie et ne pas empêcher l’amélioration du climat des affaires. L’environnement du secteur privé dépend également de l’apurement de la dette commerciale, et d’une lutte plus efficace contre l’instabilité juridique et la corruption.
Les pays de la région ont besoin d’investir, dans des conditions compatibles avec une gestion prudente de l’endettement public, ce qui nécessite des progrès en matière de transparence et de qualité de la gestion des projets.
Enfin dans plusieurs pays, une plus grande efficacité des entreprises publiques est un enjeu déterminant à la fois du point de vue du risque budgétaire, pour garantir l’efficacité des efforts en matière de transparence et de lutte contre la corruption, et pour contribuer à établir un environnement propice au développement de l’économie.




























