Les investissements réalisés par la Guinée équatoriale dans le secteur des TIC restent insuffisants pour rattraper le retard sur les pays voisins
Le pays a réalisé d’importants investissements dans le développement des infrastructures au cours de la dernière décennie (routes, bâtiments publics, ports), mais ils ont peu porté sur les infrastructures de télécommunications. En conséquence, le pays présente un coût de l’accès à Internet parmi les plus chers au monde selon le classement de l’Union internationale des télécommunications (UIT), un gigaoctet coûtant environ 31 EUR, et le taux de pénétration d’Internet est extrêmement faible (26 %) avec de plus de profondes disparités entre les deux principales villes (Malabo et Bata) et le reste du pays.
Les autorités ont toutefois réalisé un certain nombre d’investissements depuis 2008 dans ce domaine. Ils ont mis en place les deux câbles sous-marins reliant le continent à l’île et au Cameroun, permettant d’accroître l’utilisation d’Internet dans le pays (désormais plus de 300 000 utilisateurs réguliers). Le déploiement d’un réseau national a également été mené avec un total de 19 villes connectées, dont trois sur l’île de Bioko (Malabo, Luba et Riaba).
Structure des télécommunications
La gestion des infrastructures de télécommunications équato-guinéennes a été confiée à GITGE (Gestor de Infraestructuras de Telecommunicaciones de Guinea Ecuatorial), un organisme public dépendant du ministère des Transports, Technologies, Courriers et Télécommunications. Il procède à la maintenance des deux câbles Ceiba-1 (qui relie Malabo à Bata)3 et Ceiba-2 (qui relie Malabo à Kribi au Cameroun)4, tous les deux connectés au câble sous-marin ACE (Africa Coast to Europe), ainsi qu’au réseau terrestre.
GITGE est également en charge de la revente de bande passante aux différents opérateurs de télécommunications : Muni et Getesa, qui sont aussi les deux principaux opérateurs mobiles, mais également Guinea Net, Fenix, Connexia, Gecomsa, Officetech, IPX, exclusivement opérateurs Internet.
Suite à l’installation du deuxième câble de fibre optique en 2017, GITGE a annoncé une baisse de 27 % à 40 % des prix de vente, qui devront être impactés par les opérateurs. Les prix de vente de GITGE restent, malgré cette baisse, très élevés par rapport aux autres pays de la CEMAC, et la législation empêche toute modification des prix sans accord gouvernemental.
Cette baisse des prix n’est de plus pas répercutée directement ou intégralement par les opérateurs – le prix d’une connexion Internet 1 mo/s est toujours d’environ 150 EUR par mois – et, plus globalement, la qualité de service reste aléatoire. Ceci empêche nombre d’équato-guinéens de pouvoir bénéficier d’une connexion stable et d’un accès rapide sur les téléphones, forçant de nombreuses personnes à se rendre dans les rares espaces de wifi gratuit sur les paseos ou dans le centre.































