Telles sont les ligne directrices du Nouveau plan directeur d’industrialisation et de diversification économique (PDIDE) du pays dont la dernière étape, se déroule du 2 au 6 mars 2020 à N’Djamena. A l’occasion de l’atelier organisé par le gouvernement tchadien et le Bureau sous-Régional pour l’Afrique centrale de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA).
Le PDIDE Il est le résultat final d’études entamées en 2018, conjointement par le Bureau sous-régional pour l’Afrique centrale de Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), dirigé par Antonio Pedro, et le gouvernement du Tchad, représenté par Issa Doubragne, ministre de l’Economie et de la planification du développement.
Il couvre la décennie 2020-2030. Le gouvernement mise sur lui pour porter le taux de croissance économique du pays d’environ -2% (en 2017) à plus de 8% par an jusqu’en 2030. il identifie six sanctuaires, douze piliers, et quatre socle que le gouvernement, le secteur privé, les partenaires au développement, le monde académique, la société civile, les corps professionnels et les médias, entre autres groupes, devraient mettre en œuvre.
Les six sanctuaires prioritaires qui sont en fait des accélérateurs du développement au Tchad, sont l’énergies et eaux ; l’agro-industrie ; les mines, l’extraction et les métaux ; la construction, le BTP ; els banques et le financement et le numérique.
Les douze piliers de ce PDIDE concernent la viande, le cuir, le lait, la spiruline, sésame et karité, le coton, la gomme arabique le raffinage et pétrochimie, l’exploitation aurifères, l’exploitation des carrières, l’industrie métallurgique, le réseau de fibre optique, le data center, intelligence la cimenterie, la transformation de marbre et carrières ; et la fabrication des briques. Toutefois, la réussite de ce plan très ambitieux nécessite de consolider quatre socles. A savoir : la gouvernance, le capital humain, les infrastructures et le financement.
Investissements requis et gains
Pour son implémentation, le gouvernement devrait injecter un investissement d’environ 595,6 milliards de FCFA (soit 985,2 millions de $US) pour les projets y afférents entre 2020 et 2022. Selon les calculs des équipes de la CEA et du Tchad, ces investissements, produiraient des recettes totales en moyenne de 1.124,075 milliards de FCFA (soit environ 1, 859 millions de $US), pendant la même période. Les gains escomptés avoisinent les 528 milliards de FCFA (873,6 millions de $US), soit retour d’environ 89% sur investissement en trois ans.
Les experts de la CEA estiment en outre que l’opérationnalisation de ce plan favorisera l’éclosion de petites, moyennes et grandes entreprises industrielles au Tchad. Cela, grâce à un investissant massif dans les secteurs porteurs de croissance et d’emplois ; la part de l’industrie manufacturière dans le PIB devrait passer de 8% actuellement à 16% en 2030, tandis que le poids des produits manufacturiers dans les exportations totales augmenterait de 2% à 6% en 2030.
Défis à relever
Par apport à ce Plan, selon la CEA , le gouvernement tchadien et les autres parties prenantes font face à six défis majeurs. Il s’agit du déficit en infrastructures et services d’appui à l’industrie ; de l’environnement des affaires peu favorable à un boom industriel avec, notamment, un système fiscal et douanier qui ne tient pas en compte l’enclavement du pays.
A ces défis s’ajoutent également l’inadéquation entre l’offre de la main-d’œuvre et les besoins de l’industrie notamment en ce qui a trait à la qualification de la main-d’œuvre ; les services financiers peu adaptés ; la faible capacité d’offre de production industrielle existante; et les faibles réponses de l’industrie dans ses relations à l’environnement (par exemples les difficultés liées à la gestion des eaux usées, des déchets, et de la pollution).
Par conséquent, le Tchad doit encore fournir des efforts pour relever les défis et contraintes à l’essor de son secteur industriel en se focalisant sur les quatre roues que sont : la volonté politique, la coordination et décentralisation, la coopération régionale, la diplomatie, et le partenariat public-privé souligne la CEA.
Pour le ministre Issa Doubragne, « Le Tchad n’a plus de temps à perdre ». Indiquait-il, le 17 septembre 2018, à N’Djamena, lors du lancement officiel des travaux du PDIDE. Avant de préciser qu’il « faut qu’en partenariat avec toutes les parties prenantes, accélérer la mise en œuvre de ce Plan directeur, afin que, dans les quatre ou cinq prochaines années, le Tchad compte parmi les pays d’Afrique centrale les plus résilients et les plus diversifiés. »
Avec la CEA































