Interviewé par nos confères de TV5 Monde, Paul-Marie Gondjout, candidat à la présidence de l’Union nationale, parti de l’opposition donne son point de vue sur la situation politique économique et social actuelle du Gabon. Sur la question particulière des droits de la femme, il salue les réformes en cours tout en souhaitant qu’elles se fassent dans un cadre structurel.
Extrait : D’ici la fin de l’année le Gabon adoptera un nouveau code civil et pénal en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes. Le pays entend se conformer à la constitution, en reconnaissant aux femmes gabonaises, des droits dans les sphères privée et professionnelle, une occasion pour le pouvoir et l’opposition, d’enterrer momentanément la hache de guerre. Approuvée par le gouvernement, la réforme du code civil et pénal devrait sans grande difficulté, être adoptée par le parlement gabonais après des mois de tension, est-ce l’union sacrée des partis politiques, au nom des droits des femmes ?
Paul-Marie Gondjout : Ecoutez, je pense que sur cette question qui est en fait une question de société, tout calcul politicien est à bannir. En fait, je pense que le débat qui se fait dans la société gabonaise aujourd’hui, et sur effectivement l’évolution des droits de la femme, c’est vrai qu’il y a une petite polémique, qui est née de la fonction de chef de famille, qui serait partagée entre la femme et l’homme, je pense que ce n’est pas ça le plus important.
Le projet de loi qui a été adopté en Conseil des ministres, donc présenté devant le Parlement, traite de trois questions principales, les droits de la femme, les violences faites aux femmes, mais aussi une réforme du Code pénal pour donner une plus grande facilité aux femmes de pouvoir divorcer mais aussi de pouvoir interrompre des grossesses non voulues. Je pense que ce sont toutes ces questions-là qu’il faut qu’il faut voir, et qu’il faut voir l’évolution de la société dans ce sens-là. Et n’ont pas des questions polémiques qui cacheraient en fait, les vraies questions.
Une évolution de la société, parce qu’il y a eu une pression des femmes, ou une prise de conscience de la part des hommes ?
On va dire qu’il y a certainement eu une prise de conscience quelque part. Il y a aussi le fait que dans la décennie de la femme, cette année le Gabon a voulu effectivement faire avancer un certain nombre de choses, puisque la constitution nous parle d’égalité de sexe entre de la femme et l’homme, un certain nombre de lois étaient encore en retard, par rapport à l’avancée de la constitution, il était bon effectivement, de pouvoir les mettre à niveau, les dépoussiérer un peu de ses aspects rétrogrades.
On a constaté également ces derniers mois, qu’il y a eu une visibilité plus importante des femmes sur la scène politique. Avec notamment, la nomination d’une femme comme Premier ministre. C’est une première au Gabon. Comment cette nomination a-t-elle été accueillie par l’opposition ?
Je me méfie beaucoup des nominations à gadget. Je pense que la nomination du Premier ministre au Gabon est intervenue effectivement au moment de la décennie de la femme. C’est une bonne chose, qu’une femme soit Premier ministre. Mais, je vous souhaiterais qu’une femme du Premier ministre tous les jours. Et qu’elle le soit sur la base de ses compétences, sur la base de sa force politique. Mais cela n’enlève rien, aux qualités de Madame Rose Francine Ossouka Raponda qui est Premier ministre.
Mais je ne voudrais pas que cette nomination soit présentée comme une promotion de l’approche genre. Il faudrait plutôt que les femmes comme les hommes, aient accès à toutes ses fonctions, à tous ces postes, de manière égalitaire. Et c’est tout à fait normal, parce qu’elles vont à l’école, elles font des études, elles travaillent. Donc par conséquent, elles doivent avoir les mêmes opportunités les mêmes droits que les hommes sur cette question-là.
Que diriez-vous alors de manière générale sur les droits de la femme au Gabon ? Est ce qu’il y a une avancée ?
Sur les droits de la femme au Gabon, le pays a connu déjà dans les années antérieures, beaucoup d’avancées sur ces questions. On peut noter que des femmes comme les hommes, à incompétence et à diplôme égal, ont les mêmes salaires. Les femmes au Gabon ont effectivement accédé à certains postes de haut niveau : magistrat, ministre, médecin, etc.
Aujourd’hui nous sommes de manière plus ou moins, dirigés par des femmes. Parce que le Premier ministre est une femme, le président de la Cour constitutionnelle est une femme, le président du Sénat est une femme. Il y a encore d’autres femmes qui sont à la manœuvre dans la gestion du Gabon. Donc nous sommes réellement en pleine décennie de la femme au Gabon, si on peut le voir de cette manière-là.
C’est donc un bon point pour le Gabon ?
Ecoutez, c’est tout à fait normal. C’est pour ça que je dis c’est une question qui ne doit pas être de vue de manière politicienne. Parce que, lorsque nous disons que c’est un bon point pour le Gabon, tout de suite on voit effectivement les décisions prises par le pouvoir pour y arriver. Mais c’est en fait au Gabon, ce sont les femmes elles-mêmes, au-delà, je dirais des camps politiques, qui se battent pour arriver effectivement à faire valoir leurs droits. Parce que nombre de femmes aujourd’hui, et pour revenir un peu à la modification du code civil sur les droits des femmes, nous avons beaucoup de familles monoparentales. Des familles dans lesquelles, les femmes élèvent seules, leurs enfants.
Ces femmes-là, je pense, doivent avoir des droits, de la même manière qu’un chef de famille homme, dans un couple. Parce que, lorsqu’on élève un enfant seul, on ne doit pas attendre d’avoir l’autorisation d’un homme qui aura démissionné, ou bien qui sera dans un autre ménage pour faire telle ou telle chose avec son enfant. Moi je pense que ces femmes doivent elles aussi avoir la qualité de chef de famille. C’est un aspect pour moi qui est très important.



















