Sous l’effet d’une forte contraction des recettes externes (de -38,2 % à 152 milliards FCFA), les recettes totales devraient chuter de 21 % à 287,5 milliards FCFA en 2021 par rapport à la LFR 2020. Ainsi, les recettes internes devraient par contre évoluer de + 14,8 % à 135,5 milliards FCFA.
Cette évolution des recettes, pourrait être accentuée par la fermeture temporaire du corridor Douala-Bangui en début d’année, jusqu’à sa réouverture progressive en mars 2021, cette fois, en raison des troubles post-électoraux.
Une hausse des recettes fiscales de 75,4 milliards FCFA à 101,4 milliards FCFA s (38,1 %) est prévue en 2021 en lien notamment avec un élargissement de l’assiette fiscale et l’intensification de la lutte contre la fraude.
Avec un taux de pression fiscale extrêmement faible (estimé à 8 % en 2020 selon les données de la BEAC), le pays continuera de dépendre fortement de l’aide extérieure.
Les aides budgétaires, qui ont été très abondantes en 2020, baisseraient sensiblement (-79 %) à 28,5 milliards FCFA en 2021, une évolution partiellement compensée par les appuis projets qui évolueraient de +11,6 % à 123,5 milliards FCFA.
Dans le cadre de la riposte contre le Covid-19, la RCA a bénéficié en 2020 de l’appui de nombreux partenaires extérieurs (Banque mondiale, Banque africaine de développement, France, Union européenne). En incluant le prêt concessionnel d’environ 51,6 millions USD obtenu du FMI dans le cadre de sa Facilité Elargie de Crédit (FEC), les appuis reçus en 2020 ont atteint plus de 400 M USD, soit près de 18 % du PIB du pays.
Il est à noter que la Centrafrique est le pays qui reçoit, comparativement au reste de la CEMAC, le plus d’APD (140 USD / habitant en 2018 selon les statistiques de la Banque Mondiale, contre par exemple 46 USD au Cameroun, ou 57 au Tchad et au Gabon).
Les dépenses sont globalement en faible progression
La relance de l’investissement étant compensée par la baisse des dépenses courantes, les dépenses progresseraient de 2,3 % à 331,3 milliards FCFA. Cette évolution découlerait de la hausse de 8,2 % à 152 milliards FCFA des dépenses d’investissement, soit de 28,4 % par rapport aux prévisions initiales de la LF 2020 (118,4 milliards FCFA).
En revanche, les dépenses primaires se contracteraient en 2021 de 5,5 % à 163,3 milliards FCFA du fait principalement de la baisse des dépenses de biens et services (-14,7 %) et des frais financiers ( -11,6 %). Les dépenses de remboursement du principal de la dette centrafricaine progresseraient de 53,8 %, à 16,0 milliards FCFA en 2021.
D’un excédent en 2020 à un déficit en 2021
La solde budgétaire du gouvernement connaîtrait finalement une dégradation au cours de l’année 2021 passant d’un excédent de 40,3 milliards FCFA dans le budget réajusté 2020 à un déficit de 43,8 milliards FCFA. Dans un contexte de prélèvement fiscal faible, le pays devrait dépendre largement de dons pour faire face à ce besoin de financement.



















