A travers sa vision et orientations stratégiques, le Plan stratégique Gabon émergent (PSGE) met clairement en évidence, le paradoxe socio-économique qui obère le développement socio-économique du pays.
A travers sa vision et orientations stratégiques, le Plan stratégique Gabon émergent (PSGE) met clairement en évidence, le paradoxe socio-économique qui obère le développement socio-économique du pays.
Selon ce document, en raison de son PIB par habitant élevé (8 833 dollars US1), le pays appartient au groupe des Pays à revenus intermédiaires (PRI), alors que ses indicateurs sociaux s’apparent à ceux du groupe des Pays les moins avancés (PMA). Environ un quart de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et les conditions sociales des couches les plus vulnérables (veuves, orphelins, filles mères, femmes divorcées, malades du SIDA, enfants de la rue, handicapés…) sont particulièrement préoccupantes.
Dans le domaine de la santé, les indicateurs montrent une situation peu reluisante. En 2010, l’espérance de vie à la naissance était de 61 ans pour les femmes et 58 ans pour les hommes. Quoique la mortalité infantile s’est nettement améliorée, mais elle demeure encore importante (47 pour mille en 2010 contre 95 pour mille en 1992). La prévalence du paludisme, premier facteur de mortalité, reste élevée sur l’ensemble du territoire (37 à 71%, selon les zones). Similairement, la prévalence au VIH/SIDA est passée de 1,8% en 1986 à 5,2% en 2009. Par ailleurs, 46% des ménages vivant en zone urbaine habitent dans des quartiers moins salubres et le déficit de logements est estimé à 160 000 en 2005.
Par ailleurs, la forte urbanisation qu’a connu le pays s’est accompagnée d’une dégradation de la qualité de l’environnement, avec un cadre de vie et de l’habitat précaire, un accès insuffisant à l’eau potable (74% ; dont 94% en milieu urbain et 45,8% en milieu rural) et aux services d’assainissement (un ménage sur quatre n’utilise pas de latrine).
Le rapport final de la Stratégie d’investissement humain au Gabon (SIHG), commandé par le chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba, au Cabinet McKinsey, livré en décembre 2013 se veut également moins élogieux pour le pays. S’il montre néanmoins que le Gabon présente aujourd’hui un bon niveau de développement humain, le quatrième en Afrique et le 1er en Afrique subsaharienne quand on considère le revenu par habitant et le niveau d’urbanisation, il fait également un bémol sur cette situation. Cela, en précisant que cet Indice de développement humain élevé s’accompagne d’inégalités persistantes au sein de la population et d’un net décrochage sur un certain nombre d’indicateurs sociaux.
D’après ce rapport, les chiffres clés de la pauvreté au Gabon sont les suivants : 30% des foyers sont économiquement faibles (FEF) ; 55% de ces foyers sont situés dans six départements urbains et 45% en milieu rural. La situation des FEF est aggravée par un accès limité aux services sociaux et publics de base. 60% des départements sont en décrochage en termes d’accès aux minima sociaux et aux infrastructures de base et 70% des villages sont enclavés. Par ailleurs, la télévision et la radio couvre moins de 70% du territoire.
L’Enquête démographique et de santé (EDSG) réalisée en 2012, la deuxième après celle de l’an 2000, indique également qu’en milieu rural, 51% de la population s’approvisionne à une source d’eau non améliorée, contre 98% en milieu urbain. Près d’un ménage sur six (16%), doit consacrer 30 minutes ou plus pour s’approvisionner en eau de boisson.



















