Les pays de la CEMAC, comme tous les pays de l’Afrique subsaharienne, continuent de faire face à une crise sanitaire et économique sans précédent, qui, en l’espace de quelques mois seulement, a mis en péril des années de progrès durement acquis sur la voie du développement et bouleversé l’existence et les moyens de subsistance de millions de personnes.
L’une des secteurs qui paye le lourd tribut est celui de l’emploi. Selon un rapport de la BEAC, la situation s’est dégradée dans l’ensemble des pays membres de la CEMAC, surtout en zone urbaine, en raison des mesures anti- Covid-19 prises par les Etats, dont les économies sont fortement tertiarisées et informelles. Ce qui a poussé une partie des populations dans l’extrême pauvreté.
A preuve, au Cameroun, le Groupement inter-patronal du Cameroun (GICAM) rapporte, au terme du premier semestre 2020, que 42,4 % de ses adhérents ont procédé aux mises en chômage technique (soit 53 346 employés permanents du secteur moderne représentant 13,6 % du total d’emploi permanent), et 12,6 % à des licenciements (soit 13 834 employés permanents correspondant à 3,5 % du total d’emploi permanent).
De son côté, l’Union patronale et interprofessionnelle du Congo (UNICONGO), exprime sa préoccupation sur l’emploi eu égard à l’effectif de 4 093 personnes en chômage technique et de 701 pertes d’emplois enregistrées fin septembre 2020 dans la quasi-totalité des branches, principalement l’hôtellerie, le commerce, la restauration et les BTP.
Au Gabon, les données compilées par la Direction générale de l’économie et de la politique fiscale indiquent que l’atonie de l’activité devrait entrainer une forte dégradation de l’emploi moderne dans les secteurs des services, de l’agriculture, du bois, des agro-industries, du pétrole et du commerce. Ainsi, le taux d’emploi devrait reculer de 2 % en 2020, contre + 8,0 % en 2019.



















