Comment relancer l’industrie touristique gabonaise fortement impactée par la pandémie de la Covid– 19 ? la problématique guide toutes les politiques désormais implémentées par les autorités gabonaises pour ce secteur.
Deux maîtres mots résument la nouvelle approche mise en œuvre par le ministre du Tourisme, Pascal Houangni Ambouroué pour relancer le secteur touristique gabonais fortement sinistré par la Covid-19. Selon lui, « il devient primordial pour notre industrie d’être en mesure d’innover et de se réinventer ». Une approche qui cadre avec la réflexion menée par le groupe de travail, mis en place par le gouvernement sur la relance de l’économie post pandémie.
En effet estime le groupe, le secteur tourisme a le potentiel pour se redresser après la crise du Covid-19 et surtout de se hisser parmi les principaux secteurs contributeurs à la création de richesses et d’emplois au Gabon. Les experts soutiennent par ailleurs que cette crise peut aussi offrir une occasion inédite de reconfigurer le secteur pour en assurer une croissance plus rapide et durable ave comme priorités l’inclusivité, la durabilité et la responsabilité.
Plan d’action
La stratégie de relance préconisée par le groupe de travail pour relancer le secteur vise à aborder le redressement, comme une chance à saisir de mettre le secteur sur les rails d’un nouveau modèle de production et de consommation durables. Cette relance s’articule autour de trois composantes : créer une offre touristique innovante et attractive ; encourager le tourisme local et promouvoir la destination Gabon.
Création d’une offre innovante et attractive
Il s’agit de diversifier le tourisme pour éviter de dépendre d’une seule activité et d’un seul produit. Les visiteurs étrangers sont des exportations de grande valeur et doivent être pris en considération dans les programmes nationaux de promotion de la destination. Parallèlement, les marchés internes sont souvent l’épine dorsale du secteur. Il s’agit également de doter les populations et les groupes les plus vulnérables des capacités voulues pour développer de nouveaux produits touristiques à l’appui des zones rurales et des populations défavorisées.
Encourager le tourisme local
Cet axe prévoit d’accroître la compétitivité des voyages internes et intra régionaux par une amélioration de la connectivité et une plus grande facilitation des voyages pour proposer des circuits plus larges comme les plages de Sao tomé, puis les éléphants et les gorilles de Loango au Gabon et les forêts luxuriantes de Odzala au Congo. Il préconise aussi d’inciter les entreprises à distribuer des chèques vacances à leurs employés pour stimuler la demande après la crise et appuyer les voyages et le tourisme à l’aide de prestations pour les employés. Le dernier aspect proposé repose sur l’utilisation à plein du potentiel des réseaux sociaux et de la génération du millénaire pour faire de nouveau valoir les bienfaits des voyages, en particulier sur les marchés internes et surtout vers les destinations dépendant fortement du tourisme et dans les parcs nationaux que les gabonais rêvent tous de découvrir.
Promouvoir la destination Gabon
Cette approche reste au cœur de la stratégie de relance préconisée par les experts. Pour ce faire, ils prévoient d’identifier et mettre au point des promotions spéciales pour les marchés et les segments ayant tendance à rebondir plus vite, comme les voyages spécialisés ou le marché du tourisme interne. A cela s’ajoute la constitution des fonds spéciaux pour attirer des conférences internationales et des événements, comme des festivals en province pour étaler la culture des régions.
Selon le groupe de travail, la mise en œuvre de ce plan de relance est cependant conditionnée par certains préalables : le recensement des sites, opérateurs et activités sur l’ensemble du territoire ; le développement des produits innovants (écotourisme, le tourisme communautaire, habituation des gorilles) ; la promotion et l’encouragement des circuits courts ; l’élaboration et la mise en place d’un protocole sécuritaire et sanitaire dans les sites touristiques et l’aménagement de zones d’intérêt touristiques. Quant au coût desdites mesures de relance et d’accélération du redressement du secteur, ils l’estiment à 8,15 milliards de FCFA.



















