La nouvelle ambassade de France à Libreville aura une forte teneur de développement durable, à en croire l’architecte, Fabienne Bulle. Sa conception procède de «la nécessité de saisir les milieux de vie, la confrontation de l’Homme et la nature du milieu, de s’immerger dans ce territoire pour en saisir la matière bois comme ressource, nous a permis de refonder une architecture signifiante renouant notre attachement affectif à la nature. » explique-t-elle.
En effet, le nouveau bâtiment se construit dans un parc arboré de l’estuaire, où la végétation naturelle est très présente. Sa construction n’atténue pas cette végétation luxuriante, qui sera complétée par quelques agréments floraux ; des essences végétales locales, notamment des Okoumés et des Moabis, seront également plantées pour mettre en valeur les particularités topographiques et climatiques du site et dessiner des jardins qui illustreront la richesse de la végétation de l’Afrique centrale, renseigne l’architecte.
Qui ajoute par ailleurs que ce projet met ainsi en avant une approche architecturale « du milieu », utilisant les ressources naturelles locales disponibles. Selon elle, les forêts gabonaises ne manquent pas de ces ressources naturelles : c’est le bois de Precious Woods qui a été choisi pour cette réalisation.
Certifié selon les principes de la gestion durable FSC, le Padouk qui orne déjà la nouvelle ambassade en construction provient donc d’une concession « où l’histoire de la transformation du bois par ses acteurs s’appuie sur le respect et l’écoute de ce qui l’accompagne : la faune, la flore, les rivières et les villageois », souligne Fabienne Bulle.
Sur le terrain, elle indique l’application d’une exploitation sélective et la sélection du premier Padouk, utilisé pour le projet, haut de 50 mètres, tamponné sur le tronc et la souche pour assurer la traçabilité du bois. La première transformation et le séchage ont été faits directement chez Precious Woods, et la société EcoWood s’est chargée de la seconde transformation.
Les grumes ont été débitées et coupées en lames, afin de fabriquer les ailettes qui ornent le bâtiment. Ces ailettes ont été fabriquées par encollements successifs afin de constituer un seul élément, avec le défi de résister à un taux d’humidité de 95 %. Ces bois sont encollés de façon artisanale en presse-serre-joint.



















