Ce serait une véritable lapalissade de le répéter : Le Gabon a mal à son secteur énergétique. Raison certainement pour laquelle, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema a placé l’énergie au cœur de la trajectoire 2026, dans son adresse de fin d’année, avec l’annonce d’un renforcement massif de capacité, chiffré à 475 MW supplémentaires à ajouter au parc national. Selon lui, l’État veut passer d’une logique de “gestion de crise” à une logique d’industrialisation du système électrique, en combinant hydraulique, thermique gaz et renforcement du réseau.
Pour juguler la crise énergétique le pays mise sur un certain nombre de projet infrastructurels. Parmi lesquels, ce chantier hydroélectrique de Kinguélé Aval qui s’impose comme l’un des marqueurs les plus concrets de la montée en puissance énergétique du pays.
Estimé autour de 120 milliards FCFA (environ 118 millions de dollars), ce projet vise une capacité installée de 35 MW pour une production annuelle attendue de 205 GWh, avec une mise en service progressive annoncée pour fin 2026. L’avancement des travaux affiche un cap des 54%, et le calendrier opérationnel évoque un remplissage du réservoir autour de fin mars 2026, puis des essais entre août et septembre 2026.
La promesse de 475 MW supplémentaires doit cependant être lue comme un portefeuille de projets, dont Kinguélé Aval n’est qu’un maillon. Ces dernières années, la réponse à l’urgence s’est aussi appuyée sur des solutions rapides : des capacités temporaires type centrales flottantes ont été mobilisées (70 MW évoqués dans la presse internationale), et des importations d’électricité ont été envisagées pour soulager certaines zones. La logique 2026 consiste donc à remplacer progressivement ces palliatifs par des actifs plus durables, capables d’abaisser le coût de l’énergie et de sécuriser l’alimentation des ménages comme des industriels.
Reste l’équation de la capacité d’exécution et de raccordement. Sur Kinguélé Aval, le projet prévoit une connexion au réseau interconnecté de Libreville via une ligne 225 kV, et revendique des retombées locales (plus de 50 entreprises impliquées, 767 personnes mobilisées dont 530 Gabonais, et une réduction attendue d’environ 73 000 tonnes de CO₂/an). Si l’objectif national de 475 MW supplémentaires venait à se matérialiser, l’impact macroéconomique serait significatif entre baisse du coût des ruptures, amélioration de la productivité, et regain d’attractivité pour l’investissement productif. Avec sikafinance.com



















