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Conjoncture : Le FMI suspend la troisième revue de son programme avec le Gabon du fait du non-respect des engagements

Contrairement aux autres pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), le programme du Gabon en cours avec le Fonds monétaire international (FMI) s’inscrit désormais en pointillé.

SC par SC
novembre 25, 2023
dans Coopération, Développement, Développement Durable, Devises, Dossier, Droits, Economie, Evènement, Finances, Finances Publiques, Gouvernance, Industrie, Infrastructures, Intégration, International, Investissements, La Minute de L'économie, La Une, Marchés Financiers, Transition, Zoom
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Quoi qu’on puisse dire, c’est un véritable coup dur pour les autorités de la transition gabonaise qui vont devoir assumer les conséquences de la gestion scabreuse du régime déchu d’Ali Bongo. Le Fonds monétaire international (FMI) vient en effet de suspendre la troisième revue du programme du Gabon, en raison des nombreux manquements.

La pilule est d’autant plus difficile à avaler pour les nouvelles autorités de Libreville engagées dans un vaste chantier de réformes axé sur le respect des engagements internationaux et le rétablissement de la confiance vis-à-vis différents partenaires, comme l’a récemment expliqué ministre de l’Économie et des Participations, Mays Mouissi.

Seulement, la décision de la suspension de la troisième revue du programme du Gabon avec le FMI fait suite à une série de discussions tenues du 2 au 4 mai 2023 à Libreville au Gabon ainsi que les 5, 8 et 16 mai 2023, respectivement à Douala et Yaoundé au Cameroun portant sur les politiques communes en appui aux programmes des pays membres de la CEMAC.

Lesquelles se sont déroulées entre l’équipe des services du FMI et les autorités financières et monétaires de la sous-région avec le concours de ses représentants résidents au Gabon et au Cameroun, à savoir Gomez Agou et Nicholas Staines

Il ressort de ces échanges que le Gabon est seul responsable de ses propres turpitudes. Pour la suspension de la troisième revue de son programme, l’institution de Brettons Woods évoque entre autres, de récurrents arriérés de dette extérieure.

Le ministre Mays Mouissi reconnait d’ailleurs cette forfaiture. « Lorsque nous sommes arrivés en responsabilité, pour ne parler que du volet l’endettement, nous avons trouvé 750 milliards de FCFA de dettes et 108 milliards de FCFA d’arriérés chez les différents bailleurs. Ça veut dire que bien avant le coût d’Etat du 30 août 2023, le Gabon ne payait plus dettes depuis le mois de mars 2023. Et nous étions en suspension de décaissement chez 9 bailleurs », a-t-il indiqué lors d’un récent entretien avec la presse.

A côté de ces arriérés de dette extérieure, le FMI souligne également des dérapages budgétaires ainsi que la lenteur des progrès dans les réformes structurelles.

Il faut le dire, le spectre de cette suspension planait déjà sur le Gabon. En effet, au lendemain du coup de force du 30 aout dernier, l’agence de notation, Fitch Ratings avait attiré l’attention des nouvelles autorités de Libreville sur ce dossier, dans son rapport sur les actions de notation du pays. Elle indiquait clairement que la reprise du programme du FMI – qui devrait prendre fin en juin 2024 – était désormais peu probable.

Cela, compte tenu, non seulement de l’incertitude politique, et que le soutien d’autres institutions internationales pourrait également être affecté, mais au si et surtout, la faible gestion des finances publiques, attestée par l’accumulation d’arriérés et les retards de décaissement des prêts budgétisés auprès des créanciers officiels.

Selon des informations glanées auprès de la présentation de l’institution à Libreville, cette suspension traduit tout simplement les difficultés ou du moins, le manque de volonté politique qu’a affiché le régime déchu  dans le cadre de la mise en œuvre des réformes exigées dans le cadre de cet accord élargi au titre du mécanisme élargi de crédit (MEDC), approuvé par le Conseil d’administration du FMI, le 28 juillet 2021 pour un montant de 388,8 millions de DTS (environ 553.2 millions de dollars. L’achèvement de ses première et deuxième revues avait abouti aux décaissements d’environ 263.63 millions de dollars.

Les autorités de la transition ont donc incontestablement du pain sur la planche. De ce fait, ils sont appelés à cravacher fort afin de remettre les pendules à l’heure et restaurer la crédibilité du sceau du Gabon.

Pour rappel, ce nouvel accord avec le FMI avait pour objectif principal de permettre au Gabon de faire face aux conséquences économiques de la pandémie de la Covid-19 et de soutenir le programme de réformes économiques et financières des autorités.

En contrepartie, le FMI avait exigé des autorités gabonaises, la réduction des vulnérabilités budgétaires et de la dette publique, de favoriser une croissance durable, verte, inclusive et tirée par le secteur privé. Des efforts, devait également être produits dans l’amélioration de la gouvernance et la transparence afin d’accroître les recettes intérieures, y compris dans les secteurs pétrolier et minier, et l’efficacité des dépenses. Des réformes essentielles pour créer de l’espace budgétaire pour les investissements et les dépenses sociales tant nécessaires dans le pays.

 

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