Les démons de l’immobilisme et de la distraction tapis dans l’ombre au sein de la Commission de la Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale (CEMAC), ont décidément la peau dure. C’est du moins que l’on puisse dire, au terme des travaux de la 17ème session du Collège des Commissaires de la CEAMC, tenue par visioconférence, le 30 juin dernier.
En effet, la question des absences répétées et prolongées de certains cadres de l’institution au siège provisoire à Malabo en Guinée Equatoriale, évoquée lors desdits travaux, n’a pas du tout été du goût des personnes indexées.
Au cours de séance de travail, le président de la Commission de la CEMAC, Pr. Daniel Ona Ondo a relevé, à la suite de la présentation de la Direction des Ressources Humaines, que sur un effectif de 80 fonctionnaires, 28 étaient absents de leur poste de travail, soit 35% des effectifs.
Face à cette situation, le Collège des Commissaires a décidé d’adopter des mesures disciplinaires. Il a, à cet effet, instruit le Directeur des ressources humaines, « de tout mettre en œuvre, afin que les fonctionnaires absents, pour des motifs autres qu’une autorisation d’absence, un congé administratif, un congé maladie dument constaté et autorisé ou un ordre de mission, regagnent leurs postes de travail dans les plus brefs délais, faute de quoi, ils s’exposaient aux sanctions telles que prévues par les textes en vigueur ».
Cette mesure, malgré sa conformité aux textes de l’institution, a suscité le courroux de certains cadres de la Commission. Ainsi, contre toute attente, trois directeurs ont sollicité la saisine d’un comité consultatif de discipline, pour faire annuler l’application de la note du Directeur des ressources humaines.
Pour rappel, il y a un mois, ce dernier avait produit une note interne afin de mettre le paiement des salaires de tout le personnel sous bon de caisse. L’objectif étant de faire regagner les fonctionnaires fantômes sur le lieu de travail, c’est-à-dire Malabo, dont certain accusent des absences atteignant un an.
Mais au lieu de se conformer au règlement intérieur de l’institution, ou du mois faire profil bas, certains vont solliciter l’intervention des personnalités de leurs pays et des médias pour vendre l’idée selon laquelle, leurs émoluments sont suspendus alors qu’il en ait rien et que leur dernière présence au poste remonte à plusieurs mois.
Cette nouvelle bisbille au sein de la Commission laisse tout simplement à penser que la situation conflictuelle et ubuesque que la Commission de la CEMAC a projetée lors de la 34e session ordinaire du conseil des ministres de l’Union économique de l’Afrique centrale (UEAC), au mois de novembre 2019 à Yaoundé, en terre camerounaise, continue sous cape.
Au point ou des cadres de l’institution ont décidé de tout mettre en œuvre, pour ternir les efforts accomplis par l’équipe dirigeante actuelle de la Commission de la CEMAC. Car, il est patent que cette attitude déplorable démontre que certains fonctionnaires se croient intouchables, sinon au-dessus des membres du gouvernement de la Commission, pourtant nommés par les chefs d’Etat de la CEMAC.
Bien que la vérité des faits prouvent que le premier responsable de la Commission de la CEMAC, Pr Daniel Ona Ondo est à la tâche, en vue de redorer le blason de cette institution minée par tant de pesanteur, on ne saurait comprendre que des personnes payées aux frais du contribuable de la sous-région, et qui décident délibérément de rester assis chez eux, osent se plaindre de la suspension de leur salaires.
Ce, d’autant plus que la situation financière de l’institution n’est pas des plus reluisantes. Il n’y a qu’à lire les états du recouvrement de la Taxe communautaire d’intégration (TCI). En effet, à la fin de l’année 2020, le total des arriérés était estimé à 80 milliards de FCFA. Tandis qu’au 31 mai 2021, la TCI affichait un faible taux de recouvrement de 17,55%, soit une baisse de 11% par rapport à l’exercice 2020.
Indéniablement, le combat contre les fonctionnaires absents, devenue une pratique viscérale au sein de la Commission, constitue un enjeu majeur et un réel motif de préoccupation. Les même causes produisant les mêmes effets, il est clair que l’ancien Premier ministre gabonais est bien décidé à mettre fin à ces pratiques peu orthodoxes qui se sont installées dans la maison.
À un an de la fin de son mandat, l’actuel locataire de la Commission de la CEMAC, ne perd donc pas de vue quelques uns ses plus grands challenges restent de maintenir ses troupes en ordre de bataille, de favoriser un climat social apaisé et surtout, d’améliorer les conditions de travail. Ce qui ne peut se faire, semble-t-il, sans que la question des ressources humaines ne soit traitée avec sérieux et pragmatisme.
Ce n’est plus un secret pour personne, et malheureusement pour la communauté, le but poursuivi par certaines officines est de ternir l’image et le parcours du président, ainsi que le mandat du Gabon, son pays, à la tête de la Commission de la CEMAC. Et qu’en outre, devant le tribunal de l’histoire, il sera incontestablement jugé à l’aune de son bilan. Aussi bien sur le plan des réformes au sein de son institution, que sur celui de la matérialisation du processus d’intégration sous-régionale. Un concept si cher aux pères fondateurs de cette institution.



















