Du fait de l’importance relative des biens importés dans l’offre de biens et services destinés à la consommation finale dans la CEMAC, et des projections d’inflation mondiale élevées jusqu’en 2025, il est évident qu’en l’absence de mesures compensatoires ou d’augmentation des capacités de production, les ménages aux revenus les plus faibles devraient enregistrer une dégradation significative de 1er semestre 2022 –
Selon les estimations de la BEAC, le taux de croissance de l’indice des prix à la consommation en moyenne annuelle devrait se situer au-dessus de 3,0%1 en 2022 dans tous les Etats de la communauté et cette situation devrait perdurer au moins jusqu’en 2023.
Sans mesure compensatoire des pouvoirs publics, la hausse du coût de la vie devrait impacter négativement le bien-être des populations, notamment ceux ayant les revenus les plus faibles, dégrader la rentabilité des entreprises et favoriser le creusement des déficits budgétaires.
Pour ce faire, la BEAC invite donc les Etats à envisager des mesures fortes pour juguler à court et à moyen terme la hausse des prix dans la CEMAC. Elle préconise également d’activer trois leviers pour consolider les finances publiques à moyen terme. Il s’agit de : l’accroissement des recettes fiscales, la réduction des dépenses d’investissement et la réduction des dépenses courantes.
A court terme, ces mesures à mettre en œuvre devraient faire un arbitrage entre l’impérieuse nécessité de préserver la paix sociale et les coûts économiques des mesures de renforcement du pouvoir d’achat des ménages à faibles revenus.
A moyen terme, l’atténuation de la hausse des prix nécessitera une augmentation de l’offre de biens locaux à travers une augmentation des capacités de production domestique. Les administrations publiques devraient être au centre des réformes structurelles à mettre en œuvre pour limiter la vulnérabilité des économies aux fluctuations des prix des produits importés.
Elles devront à cet effet créer des conditions favorables à l’émergence d’un écosystème d’entreprises locales compétitives et capables d’accroître les capacités de production régionales. Un accent devrait être mis sur le désenclavement des bassins de production, les investissements énergétiques, la recherche et l’innovation, et l’arrimage des produits domestiques aux standards internationaux.


















