Le Gabon tient désormais à ses matières premières et n’entend plus les brader. C’est dans ce cadre que s’inscrit la récente réforme consacrée à la transformation locale du manganèse, après celle relative au bois en grumes initiée en 2010. Dans ce droit fil, le processus de transformation locale du manganèse était une fois de plus, au cœur d’une importante séance de travail, ce 26 janvier 2026 au ministère des Mines et des Ressources géologiques. Cette rencontre a réuni autour de la table, le ministre des Mines et des Ressources géologiques, Sosthène NGUEMA NGUEMA, ses collègues de l’industrie, Me Lubin NTOUTOUME et de la Planification et de la Prospective, Louise Pierrette MVONO, une délégation de l’ambassade de France au Gabon conduite par l’ambassadeur, Fabrice MAURIES et la Direction du Groupe ERAMET depuis la France par visioconférence.
De nouvelles orientations économiques du partenariat franco – gabonais
Cette séance de travail procède des nouvelles orientations économiques décidées entre le chef de l’Etat français, Emmanuel MACRON et son homologue gabonais, Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, dans le cadre du renforcement du partenariat franco – gabonais, lors de sa visite à Libreville au mois de novembre dernier. A l’occasion, la transformation locale du manganèse – dont le géant minier français ERAMET reste le principal exploitant via sa filiale COMILOG – figurait sur la liste des principaux centres d’intérêts.
Pour une mise en œuvre efficiente du processus de transformation
Dans le cadre d’une évaluation des engagements pris, s’agissant spécifiquement de cette transformation du manganèse, « la partie gabonaise a exigé un plan d’actions concrètes et pragmatiques avec des dates et les indicateurs de suivi. Il s’agit d’une exigence du ministre des Mines et des Ressources géologiques », a relevé le Conseiller en communication du ministère des Mines, Marinette Engonga, le gouvernement
La partie gabonaise qui reste d’ailleurs confiante dans l’atteinte des objectifs à moyen terme de cette réforme, tient à préciser qu’il importe de bien négocier l’entame de ce processus que l’on devrait mener à bon port, tout en se donnant des moyens de les atteindre.
Prenant la parole, le directoire d’ERAMET a indiqué avoir fait quelques propositions concrètes au gouvernement gabonais afin de mener à bien ce projet. Il s’agit entre autres, du choix d’un nouveau site, des moyens à mettre œuvre pour atteindre les objectifs, mais également pour booster les capacités de transformation actuelle.
L’irréversibilité du processus de transformation locale du manganèse
Faut-il le rappeler, cette intense activité autour du manganèse n’est pas anodine. Au contraire, elle témoigne de l’irréversibilité du processus de transformation locale dudit minerai initié par le Gabon. Pour ce faire, le gouvernement ne lésine sur aucun moyen pour tenir ce pari. Raison pour laquelle, il mobilise les acteurs de la filière à s’arrimer à cette nouvelle donne. A preuve, cette séance de travail intervient quelques jours seulement, après la visite du ministre Sosthène NGUEMA NGUEMA et son collègue Me Lubin NTOUTOUME, du site la future usine de transformation en construction par la société Nouvelle Gabon Mining (NGM) à Mounana.
Des objectifs multiformes
Pour la bonne gouverne, le Gabon, 2ᵉ producteur mondial du minerai de manganèse a décidé de l’interdiction d’exportation du manganèse brut, à compter du 1er janvier 2029. L’objectif visé est multiforme : transformer localement cette matière première, renforcer les compétences nationales et maximiser la valeur ajoutée pour l’économie. Une période transitoire de trois ans est toutefois accordée aux acteurs du secteur pour préparer cette transformation irréversible. Avec cette réforme, le Gabon franchit une nouvelle étape vers une souveraineté industrielle ambitieuse, portée par le chef de l’Etat, Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA.

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