Le 25 février dernier, l’Etat gabonais a lancé le une offre publique d’obligations sur le marché financier de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), cherchant à lever 85 milliards de francs CFA. L’émission est structurée en deux tranches. La tranche A offre un taux d’intérêt annuel de 6 % sur trois ans, tandis que la tranche B offre un taux de 6,5 % sur quatre ans. Pour les deux tranches, le capital sera intégralement remboursé à l’échéance.
Les fonds levés financeront des projets prioritaires identifiés par le gouvernement et inscrits dans la loi de finances 2026. La période de souscription s’étend du 25 février au 25 mai. Emrald Securities Services Bourse agit en tant que chef de file, et CCA Bourse en tant que co-arrangeur.
Selon le prospectus approuvé par la Commission de surveillance des marchés financiers d’Afrique centrale, les obligations bénéficieront d’une pondération prudentielle de risque de 0 %. Cela signifie que les banques ne seront pas tenues d’allouer des fonds propres réglementaires pour couvrir le risque souverain lors de la souscription. Depuis 2007, le Gabon a levé un montant cumulé de 1 641 milliards de francs CFA sur le marché régional par le biais d’offres publiques et de placements privés. Cette nouvelle opération s’inscrit dans cette continuité.
Réduire les arriérés et alléger les tensions de trésorerie
L’opération comporte deux volets. 60 milliards de francs CFA seront levés en numéraire. 25 milliards de francs CFA supplémentaires serviront à racheter partiellement les créances commerciales de l’État envers les entreprises.
Ce mécanisme permet à un investisseur titulaire d’une créance gouvernementale validée de la convertir en obligations d’un montant équivalent, à condition de verser un montant équivalent en numéraire, selon un ratio de 1:1. À l’issue de l’opération, l’investisseur détient des obligations remboursables selon l’échéancier convenu.
Une stratégie d’endettement ancrée dans le marché régional
Cette émission s’inscrit dans le cadre de la stratégie d’emprunt du Gabon à l’horizon 2026, qui prévoit un recours important aux financements nationaux et extérieurs, le marché financier régional et les prêts semi-concessionnels jouant un rôle central. Cette opération permettra de tester la profondeur du marché de la Cemac et la capacité du Trésor gabonais à mobiliser l’épargne locale à un moment où les besoins de financement sont élevés.


















