De manière remarquable, le Gabon a rempli le critère de convergence de la CEMAC relatif à l’Inflation. En effet, en 2024, alors que les pressions inflationnistes se sont amplifiées dans la sous-région Afrique centrale, avec une inflation moyenne passant de 11,7% en 2023 à 15,9%, soit une hausse de 4,2 points de pourcentage, le Gabon est resté sous la barre de 1,2%, affichant ainsi le taux le plus faible de la région, largement en dessous de la norme communautaire qui est de 3%.
Cette performance est en lien avec les mesures de soutien au pouvoir d’achat du gouvernement, ainsi qu’à la politique monétaire restrictive de la BEAC. Les prix des produits non durables (poissons locaux, huile de palme raffinée, volaille importée, etc.), qui constituent une part importante de la consommation, ont vu leur rythme de progression ralentir, passant de 8,9% en 2023 à 5,4% en 2024.
Du côté des autres pays membres de la CEMAC, le taux d’inflation moyen en général a certes baissé en 2024, pour se situer à 4,1% contre 4,4% en 2023, toutefois, dans la quasi-totalité des pays, il demeure au-dessus du seuil communautaire de 3%4. Autrement dit, les pressions inflationnistes continuent de peser dans la plupart des pays.
Plusieurs facteurs expliquent cette persistance, notamment : les effets des perturbations climatiques, la hausse des coûts des intrants agricoles, la crise au Soudan qui accroît la pression sur la demande intérieure au Tchad, ainsi que les augmentations des prix du carburant au Cameroun et au Tchad.
En Guinée équatoriale, le taux d’inflation moyen s’est établi à 3,4 % en 2024 contre 2,4% en 2023. Ce niveau, qui est légèrement supérieur à la norme communautaire, serait due à l’augmentation des prix des produits alimentaires et des boissons non alcoolisées, des boissons alcoolisées et du tabac, des transports ainsi que des services de santé.
En RCA, l’inflation est légèrement remontée à 3,4% en 2024 contre 3,0% en 2023. En République du Congo, des coupures d’électricité fréquentes et des pénuries de carburant ont entravé les activités de production, contribuant à maintenir les prix à un niveau élevé à 6,3% en 2024. 42.
Au Cameroun, malgré un niveau d’inflation qui dépasse le seuil communautaire, l’inflation a baissé à 4,5% contre 7,3% en 2023. Cette évolution s’explique notamment par la baisse des prix des produits alimentaires et des boissons non alcoolisées, des meubles et produits de ménage, ainsi que les coûts de transport.
Les perspectives régionales indiquent toutefois, une baisse progressive de l’inflation. Le taux moyen devrait passer de 15,9 % en 2024 à 11,7 % en 2025, puis à 8,9 % en 2026. 45. Dans l’espace CEMAC, l’inflation moyenne devrait se situer à 4,1 % en 2025 et reculer à 3,1 % en 2026, induite notamment par la baisse de l’inflation dans quatre des six pays membres (Congo, Tchad, Cameroun, RCA).



















