C’est la fin de l’année. Occasion pour nombres d’institution de présenter leur bilan. C’est à ce rituel que vient de soumettre le Directeur général de la Société d’exploitation du Transgabonais (Setrag), Christian Magni à la presse. Un exercice qui revêtait un double enjeu : dresser le bilan de l’année qui s’achève mais également décliner les projections.
Au cours de cet exercice, Christian Magni a dressé un tété des lieux de la ligne ferroviaire. Selon lui, depuis quelques années, les incidents sur l’unique ligne ferroviaire du Gabon, longue de 648 km entre Libreville-Franceville, sont devenus récurrents avec des déraillements réguliers des trains. « Nous avons enregistré l’an dernier, 600 ruptures de rails. Cette année, nous sommes sur un rythme d’environ 800 à 900 ruptures de rails », a-t-il affirmé.
Ces incidents plusieurs fois décriés par les populations ont eu un impact sur le transport des passagers et du fret sur le Transgabonais. Car, « pour consolider une rupture de rails, ça peut mettre environ 2 heures. Ce qui fait un total de 1600 heures de perdues, et 1600 heures d’impact sur le rail. Car, étant sur une voie unique, quand un train est arrêté, tous les autres trains sont impactés », a-t-il expliqué.
De l’avis de Christian Magni, globalement trois facteurs sont à l’origine des incidents sur le Transgabonais. Il s’agit entre autres des traverses en bois dégradées, le rail sousdimentionné, et l’instabilité de la plateforme liée au type de sol. Mais également, une forte densité des populations installées en bordure de la voie ferrée.
Pour venir à bout de ces difficultés, depuis 2017, la Setrag a engagé un programme de remise à niveau du chemin de fer transgabonais (PRN). Ce chantier lancé en 2015, s’achèvera en 2024. L’objectif selon lui, étant de réhabiliter le chemin de fer gabonais qui, avec des rails de 50 kg/m, ne supporte pas le poids des marchandises qui y sont transportées, d’après le directeur général de la Setrag.
« Les solutions prévues sont entre autres le remplacement progressif du rail 50 kg/m par celui de 60 kg/m. Car, les rails 60 kg supportent jusqu’à 29 tonnes à l’essieu. Ce qui n’est pas le cas pour celui de 50 kg. Nos trains actuellement les plus lourds ont des charges comprises entre 25 tonnes à 27 tonnes à l’essieu », a-t-il expliqué.
En outre, le remplacement des traverses en bois par du béton qui dure plus longtemps, permettra d’améliorer le trafic. Un travail qui a déjà commencé dans le cadre du PRN. « Au terme de l’année 2022, sur 648 kilomètres, plus de 228 kilomètres de voies datant des années 80 auront été renouvelés, assurant ainsi des progrès en termes de logistiques pour le fret, de sécurité et de confort pour les voyageurs », a déclaré Christian Magni.
Ce qui, selon lui reste encore très loin des objectifs que la Setrag s’est fixée dans le cadre du PRN qui doit permettre la réhabilitation d’ici 2024, des 648 km du Transgabonais. Et donc, il reste encore 420 km à réhabiliter d’ici 2024.


















