Le terminal méthanier Cap Lopez de Perenco au Gabon prend rapidement de l’ampleur, avec une mise en service prévue pour fin 2027. La société a choisi la société de services internationale, Dixstone pour diriger la construction, l’approvisionnement et l’intégration de l’installation. Benoît de la Fouchardière, PDG de Dixstone et ancien PDG de Perenco, a partagé ses impressions sur le projet avant l’African Energy Week qui se tiendra du 29 septembre au 3 octobre.
Pouvez-vous nous en dire plus sur la répartition des deux milliards de dollars investis dans le projet Cap Lopez au Gabon ?
Benoît de la Fouchardière : C’est super simple : 1 milliard de dollars pour la partie amont, qui comprend la collecte du gaz brûlé à la torche et du gaz marginal, la compression et le transport vers le terminal de Cap Lopez, et 1 milliard de dollars pour le projet de liquéfaction à court terme. Le projet de liquéfaction comprend une barge d’une capacité de 700 000 tonnes par an, un méthanier pour le stockage et toute la capacité de déchargement.
Comment assurer-vous une intégration harmonieuse entre les différentes composantes du projet ?
C’est l’un des principaux défis d’un projet de cette envergure. Car il faut relier entre eux une vingtaine de champs différents répartis sur 700 kilomètres. Il faut ajouter une unité de compression en cours de route et développer des éléments en amont en même temps que la barge de liquéfaction qui est en cours de construction à Dubaï. Pour assurer l’intégration, nous organisons une réunion de pilotage tous les mois. Perenco a lancé un appel d’offres pour ce projet, qui a été remporté par Dixstone.
Il faut noter qu’il n’existe aucun projet de cette envergure sur le continent. Dixstone en est conscient et mesure parfaitement les enjeux. L’entreprise a su répondre exactement aux besoins de Perenco. Avec Dixstone comme entrepreneur en construction et en approvisionnement, vous disposez d’un lien entre les entités et pouvez aligner les intérêts de l’entrepreneur et de l’opérateur.
Quels sont vos objectifs à court terme pour le projet et quel est le rôle de Technomak ?
On espère que le projet de liquéfaction sera opérationnel d’ici fin 2027. On a deux ans de développement devant nous. Le Gabon va être occupé à poser le pipeline, à installer les compresseurs de gaz et à forer des puits de gaz. Dixstone a signé un contrat avec Technomak pour certains modules et l’intégration des barges. Le champ d’action de Technomak concerne donc les modules, qui sont en cours de construction à Dubaï, et l’intégration du projet en mer. On a également signé des contrats avec Fabtech, un chantier naval aux Émirats arabes unis, et Dubai Dry Dock.
Comment le projet Cap Lopez contribuera-t-il à améliorer l’accès aux sources d’énergie plus propres pour la production d’électricité et l’industrie dans le pays ? Ce projet peut-il être reproduit sur d’autres marchés?
Perenco a été un pionnier dans le déploiement de projets de conversion du gaz en électricité en Afrique centrale. La société a des projets en cours au Gabon et en RDC, où Perenco est le seul producteur de pétrole et de gaz. Il faut répondre aux besoins de la population. De plus, si on veut réduire nos émissions, on doit trouver un moyen de valoriser ce gaz, et la liquéfaction est la solution idéale. L’idée est de reproduire le projet. Comme pour Dixstone, l’ingénierie a été réalisée de manière à ce que les solutions puissent être appliquées à d’autres pays, simplement en reproduisant et en adaptant les processus.
L’accord EPCCI contient-il des dispositions qui encouragent ou imposent le transfert de connaissances et le renforcement des capacités du personnel gabonais, même si la fabrication principale a lieu en dehors du Gabon ?
C’est un projet du Gabon pour le Gabon. La moitié du projet est développée dans le pays, en amont. Pour la partie liquéfaction, il n’y a actuellement aucune installation de liquéfaction dans le pays. On doit donc aller là où on a l’habitude de construire des unités de liquéfaction, et Dubaï est l’un des choix évidents. Ce qui est essentiel maintenant, c’est de voir comment intégrer les Gabonais et les employés gabonais dans l’entité de Dubaï. Ils doivent faire partie de l’équipe dès le premier jour, qu’ils viennent de Perenco-Gabon ou de Dixstone-Gabon. On a un processus de sélection : on va garder au moins cinq Gabonais qui auront la responsabilité directe du projet.
Quelles stratégies spécifiques Perenco et Dixstone mettent-elles en œuvre pour favoriser le contenu local au Gabon dans le cadre de plusieurs projets ?
Perenco est présente au Gabon depuis 30 ans et son engagement envers le pays est fondamental. Environ 1 000 Gabonais travaillent pour Perenco Gabon, tandis que Dixstone compte aujourd’hui 200 employés dans le pays. Sur un plus grand chantier d’Afrique centrale à Port-Gentil. Sur plusieurs unités de fourrage et navires dans le pays et sur a fait venir des barges de transport lourd. Ça nous aide non seulement pour nos propres besoins, mais aussi pour le développement d’autres projets. On a aussi une barge de formation flottante qui opère dans différentes régions. Elle facilite le développement des compétences et sur un groupe déjà formé de plus de 3 500 personnes dans cinq pays. Elle est adaptée au marché. On peut l’emmener là où il y a une demande de formation.
Avec l’African Energy Week 2025



















