Selon les données de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), entre mars 2024 et mars 2025, le marché des valeurs du Trésor s’est caractérisé par : une hausse du volume des opérations sur le marché primaire ; une baisse des taux de couverture des émissions ; et une augmentation des coûts d’émission.
Le dynamisme du marché des valeurs du Trésor, observé depuis quatre ans, s’est consolidé au cours de la période sous revue, l’encours des valeurs du Trésor ayant augmenté de 27,6 %, passant de 6 624,0 milliards en mars 2024 à 8 451,8 milliards douze mois plus tard.
Les montants levés au cours de cette période par les Trésors nationaux se sont situés à 5 701,2 milliards de FCFA entre mars 2024 et mars 2025, contre 4 326,7 milliards entre mars 2023 et mars 2024. Sur le segment BTA, les bons à 26 semaines sont restés les plus prisés, avec un montant total émis de 1 539,2 milliards, représentant 55,4 % du total des émissions de BTA sur la période.
Cette maturité a été la plus prisée au cours de la période de référence pour l’essentiel des émissions de BTA de certains Trésors publics, en l’occurrence du Tchad (92,5 %), du Cameroun (73,5 %), du Gabon (61,2 %) et du Congo (32,0 %). Les BTA à 52 semaines arrivent en deuxième position, avec un montant émis de 798,6 milliards.
Les émissions de bons à 52 semaines sont principalement prisées par les Trésors publics du Congo (327,4 milliards), de la Guinée Equatoriale (201,4 milliards), du Cameroun (153,1 milliards) et du Gabon (91,8 milliards). Les BTA à 13 semaines ont été les moins courus, avec un montant global de 599,8 milliards, en majorité émis par les Trésors publics du Congo (387,3 milliards), du Cameroun (120,9 milliards) et du Gabon (93,5 milliards).
S’agissant du segment des OTA, 192 émissions d’un montant total de 2 763,7 milliards ont été mobilisées par les Trésors publics sur la période de référence. Il a été animé par le Gabon (1 352,4 milliards), le Tchad (491,8 milliards), le Congo (440,3 milliards), le Cameroun (290,7 milliards) et la République Centrafricaine (140,7 milliards).
Par maturité, les émissions d’OTA ont été dominées par les instruments à 3 ans (780,5 milliards), à 2 ans (701,1 milliards, à 5 ans (455,9 milliards) et à 4 ans (437,8 milliards), qui ont concentré la majorité (85,9 %) des montants levés en OTA sur la période sous revue. Les OTA de 10 ans émis par le Cameroun et le Gabon n’ont représenté que 1,1 % du volume global.
Au 31 mars 2025, la répartition de l’encours des titres publics par nature des détenteurs finaux montre que 66,1 % des valeurs du Trésor en circulation sont détenues par les Spécialistes en Valeurs du Trésor (SVT), les investisseurs institutionnels (sociétés d’assurance, fonds de pensions, etc.) occupant la 2e place avec 16,9 %.
La part des établissements de crédit non SVT et des personnes physiques détenteurs de ces instruments financiers représente respectivement 12,2 % et 2,8 % de l’encours total des titres publics. La BEAC détient 2,0 % des titres en circulation, acquis lors de son programme de rachat des valeurs du Trésor, pour aider les Etats de la CEMAC à faire face aux effets néfastes de la Covid-19.
Cette situation s’explique notamment par : l’appropriation et le respect du principe de ségrégation des avoirs par les SVT et les banques n’ayant pas ce statut, qui enregistrent les titres acquis pour le compte des investisseurs dans les comptes dédiés à ces derniers ; les niveaux des taux d’intérêt et de rendement des titres, qui sont jugés encore faibles par certains investisseurs institutionnels, ce qui limite leur incitation à souscrire notamment aux BTA ; et la faible culture financière des agents économiques (investisseurs institutionnels et particuliers) qui demeurent très peu imprégnés des opportunités de placements offertes sur le marché des valeurs du Trésor.
En pourcentage du PIB, l’encours des titres a fortement progressé, passant de 0,1 % en décembre 2011, date de lancement du marché des titres publics, à 3,8 % du PIB neuf ans plus tard. A fin mars 2025, l’encours des titres publics de la CEMAC par rapport au PIB s’est situé à 11,4 % de PIB.



















