Les prévisions de la BEAC sur la situation économique de la CEMAC pour l’ensemble de l’année 2023 suscitent plutôt un optimisme prudent. Dans son dernier rapport sur politique monétaire, l’institution financière table sur : une croissance économique qui reviendrait de 3,0 % en 2022 à 2,4 % en 2023, grevée principalement par une décroissance plus importante de l’activité pétrolière (-1,0 % en 2023, contre -0,2 % en 2022), un renforcement des pressions inflationnistes à 6,1 % en 2023, contre 5,6 % un an plus tôt. A cela s’ajoutent un excédent du solde budgétaire dons compris en repli de 2,8 % du PIB en 2022 à 1,7 % du PIB en 2023, et une dégradation de celui du compte courant qui reviendrait à 0,1 % du PIB en 2023 après 7,7 % en 2022.
Sur le plan de la monnaie, la masse monétaire augmenterait de 13,1 %, à 20 001,7 milliards. En ce qui concerne les réserves en devises, elles augmenteraient de 13,8 % pour s’établir à 7 797,8 milliards à fin 2023, correspondant à un taux de couverture extérieure de la monnaie à 79,9 % contre 73,1 % en décembre 2022 et des réserves en mois d’importations de biens et services à 5,09 en 2023 contre 4,71 en 2022.
En ce qui concerne les perspectives à moyen terme, face aux conditions économiques mondiales exceptionnelles qui prévalent depuis l’avènement de la guerre entre la Russie et l’Ukraine après la pandémie de la Covid-19, le tissu économique de la CEMAC poursuivrait son adaptation et continuerait de résister à ces chocs.
Ainsi, les services de la BEAC prévoient une consolidation de la croissance de l’activité économique de la CEMAC, avec une progression de 2,6 % en 2024, 4,0 % en 2025 et 3,1 % en 2026, en lien avec une bonne tenue des activités dans le secteur non pétrolier.
Les autres comptes macroéconomiques seraient caractérisés par deux principaux indicateurs : une légère baisse de l’excédent du solde budgétaire, base engagements, hors dons, qui ressortirait en moyenne autour de 0,9 % du PIB sur la période 2024-2026, après 1,0 % en 2023, et une détérioration du solde extérieur courant, dons inclus, qui deviendrait déficitaire de -2,1 % du PIB en 2024, à -2,6 % du PIB en 2025, puis à -3,5 % du PIB en 2026, après six années consécutives de solde excédentaire.
S’agissant de l’orientation de la politique monétaire de la BEAC, plusieurs facteurs ont milité pour un maintien du taux directeur à son niveau actuel. On évoque notamment : l’anticipation des pressions inflationnistes moins fortes, le taux d’inflation prévu étant de 6,1 % en moyenne annuelle en décembre 2023, contre une prévision antérieure de 6,4 %, la modération de l’inflation importée dans la CEMAC, sous l’effet du recul attendu des prix de l’énergie dans certains pays avancés, et la révision à la baisse des prévisions d’inflation à moyen terme (2023-2025).


















