Le Gabon et la Guinée dispensent une très belle leçon de partenariat Sud-Sud aux yeux du monde. En effet, pour le développement de son secteur minier, le Gabon a fait le pari du modèle guinéen. Cette approche a suffisamment été mise en évidence, lors de l’inauguration de la mine de Simandou, le 11 novembre dernier. Cérémonie à laquelle, avait spécialement été invité, le président de la République, Brice Oligui Nguema.
Lors de ce séjour, le chef de l’Etat gabonais avait souligné la volonté de son pays de s’inspirer de l’expérience guinéenne afin d’améliorer la structuration du secteur minier au Gabon. Il avait alors salué l’engagement de son homologue guinéen pour le développement des infrastructures. « Je le félicite également pour les infrastructures, notamment pour le projet que nous sommes venus lancer ici. Nous allons regarder, restructurer nos mines en fonction du modèle que nous verrons ici qui est déjà une réussite. Je suis venu avec mon ministre des Mines pour que nous puissions partager cette expérience », avait-il affirmé.
Quelques jours plus tard, une délégation gabonaise de haut niveau vient à nouveau de séjourner dans la capitale guinéenne avec pour mission cette fois, de renforcer la coopération autour des projets miniers Simandou et Bélinga. Elle était conduite par le ministre des Mines et des ressources géologiques, Gilles NEMBE, et composée du ministre de la Planification et de la Prospective, Louise Pierrette Mvono, et de l’Honorable Ulrich Manfoumbi Manfoumbi vient de séjourner en Guinée.
Au cours de son séjour, elle a échangé avec ses homologues guinéens sur les opportunités de collaboration entre les deux pays. Au terme des discussions, il s’est dégagé une vision commune visant à mieux valoriser les ressources minières, développer des chaînes de valeur locales et accélérer l’industrialisation. Les deux parties ont également mis en avant, l’importance de la transformation locale des minerais, de la création d’emplois qualifiés et de la formation des jeunes.
Faut-il le rappeler, Simandou est un mégaprojet minier avec des réserves estimées à deux milliards de tonnes de fer à haute teneur. A terme, les entreprises devraient produire et exporter 120 millions de tonnes de fer par an, avec des revenus générés à hauteur de deux milliards de dollars, sans compter les revenus indirects. Le projet ne sera pas uniquement pour l’exportation du minerai brut. Il sera également transformé sur place, pour plus de valeur ajoutée.
En termes d’emplois, l’on table sur 10 000 et 15 000 emplois directs, sans compter tous les emplois indirects dans la phase d’exploitation et plus de 50 000 en phase de construction. Simandou prévoit également la construction d’autres infrastructures telles que des boucles ferroviaires, un port en eau profonde pour accueillir les navires minéraliers servant à exporter le fer. L’on annonce également la construction d’un barrage hydroélectrique qui permettra de fournir de l’énergie de 300 mégawatts.
Dans ses retombés, l’État compte allouer 5 % des revenus induits par le projet au financement du système éducatif à l’intérieur du pays. Construire des écoles, des bibliothèques, des enseignants pour augmenter le niveau de l’éducation, le niveau d’alphabétisation.
Belinga sur le modèle de Simandou…
A l’instar de la Guinée avec Simandou, l’Etat gabonais accorde également une très grande importance au projet minier de Belinga. Situé dans le nord-est du pays, le gisement affiche des réserves estimées à 1 milliard de tonnes de fer d’une teneur d’environ 65%. Il représente l’un des projets miniers les plus emblématiques et prometteurs du pays.
Longtemps resté en sommeil en raison d’enjeux financiers, d’accès logistique et de désaccords entre investisseurs, ce projet connaît un regain d’intérêt marqué, avec la volonté politique renouvelée de le relancer pour soutenir la diversification économique du Gabon.
En matière d’emploi, le projet a déjà permis la création de plus de 700 postes, avec un objectif de 9 000 emplois en phase de construction. Le programme « We Train for Gabon », soutenu par Fortescue, permet également à des jeunes gabonais de bénéficier de formations spécialisées dans les métiers miniers, en Australie et à l’international.
Exploité par la société Ivindo Iron, filiale du groupe australien Fortescue, il charrie des retombées économiques d’envergures. Dans une récente sortie, le ministre des Mines, Gille Nembe a précisé que l’exploitation du projet était conditionnée par la construction des infrastructures essentielles, comme une centrale hydroélectrique et un port en eau profonde.
« Même si les réserves de Belinga sont considérables, une exploitation viable dépend de la création d’un cadre logistique solide, incluant un chemin de fer et des moyens de communication. Concernant le choix de Mayumba pour le port, il a expliqué que cette option permettrait de contourner des obstacles logistiques rencontrés à Owendo et à Kobe-Kobe, tout en favorisant le développement régional et en limitant l’impact environnemental », avait-il expliqué.
Et d’ajouter, « Les ressources en fer et manganèse du Gabon sont prometteuses. Mais pour que Belinga soit rentable, il est crucial de synchroniser l’exploitation avec d’autres projets miniers et les infrastructures nécessaires ». Autrement dit, le gouvernement pourrait matérialiser ses ambitions de revoir à la hausse, la part des mines dans le PIB national. En espérant passer de 6 % à 15 % d’ici 2040, et même jusqu’à un tiers en incluant la transformation locale des minerais. Avec le soutien d’investisseurs potentiels, le ministre a exprimé sa détermination à mobiliser les ressources nécessaires pour faire de Belinga un projet clé pour l’avenir du pays.



















