Le Conseil d’administration du FMI a approuvé ce 10 décembre 2021, un nouvel accord de 36 mois au titre de la Facilité élargie de crédit, pour un montant équivalant à 392,56 millions de DTS (environ 314 milliards de FCFA), soit 570,75 millions de dollars EU ou 280 % de la quote-part.
Selon ces termes, cet accord a pour principal objectif d’aider à répondre à l’importante balance des paiements et aux besoins budgétaires du pays. Notamment, en catalysant le soutien financier des donateurs officiels.
À plus long terme, les politiques du programme tchadien appuyé par la FEC contribueront à mettre l’économie sur une voie équilibrée et durable vers une croissance verte inclusive et la réduction de la pauvreté.
Il contribuera également à l’effort régional pour restaurer et préserver la stabilité extérieure de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).
La décision du Conseil d’administration permettra un décaissement immédiat équivalent à 31,5 milliards de FCFA. Soit l’équivalent de 56,08 millions de DTS (environ 78,28 millions de dollars EU).
À l’issue du débat du Conseil d’administration, M. Kenji Okamura, Directeur général adjoint et président par intérim, a fait l’économie de la situation socio-économie du pays.
Selon lui, les chocs combinés de la pandémie de COVID-19, la volatilité des prix du pétrole, l’insécurité accrue et une crise alimentaire imminente due au changement climatique ont gravement mis à rude épreuve l’économie déjà vulnérable du Tchad.
Les perspectives macroéconomiques se sont encore détériorées, avec des faiblesses macroéconomiques plus importantes que prévu et des besoins de liquidités plus aigus. En conséquence, la dette publique du Tchad est devenue insoutenable.
L’économie tchadienne continue de faire face à d’importantes demandes humanitaires et sociales, notamment l’augmentation attendue de l’insécurité alimentaire et de la pauvreté, compte tenu des réductions des dépenses prioritaires et de l’insuffisance des pluies. De plus, l’augmentation du nombre de réfugiés fuyant les conflits sociaux dans les pays voisins complique la situation humanitaire.
Le programme des autorités, soutenu par un nouvel accord de facilité élargie de crédit de trois ans, vise à relever ces défis en soutenant la reprise après la pandémie, en promouvant la réduction de la pauvreté, en faisant progresser le programme de réformes structurelles des autorités et en rétablissant la viabilité de la dette.
Le rétablissement de la viabilité de la dette repose sur une stratégie à trois volets, étayée par un programme d’assainissement budgétaire pluriannuel, un soutien important des donateurs et une restructuration en profondeur de la dette dans le cadre du G20.
À cet égard, la finalisation d’un éventuel règlement de la dette avec tous les créanciers dès que possible sera cruciale. L’opération de dette devrait s’accompagner d’un assainissement budgétaire propice à la croissance, fondé sur un dosage équilibré de mobilisation des recettes et de rationalisation des dépenses.
L’adoption de réformes structurelles en temps opportun pour soutenir une croissance verte inclusive et la réduction de la pauvreté reste essentielle. À cet égard, les réformes devraient se concentrer sur l’amélioration du climat des affaires, le renforcement de la gouvernance et la lutte contre la corruption, le renforcement de la mobilisation des recettes et de la gestion des finances publiques. Des efforts pour remédier aux faiblesses du secteur bancaire et promouvoir l’inclusion financière seront également nécessaires.’



















