Pour financer son économie et soutenir son développement, le Gabon aura une fois de plus, recours au marché des titres publics de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Pour l’exercice en cours, le pays d’Oligui Nguema ambitionne de lever 1 046 milliards de FCFA. Et ce, malgré un contexte économique bien difficile.
Pari certes difficile mais pas insurmontable
Le document d’orientation stratégique paraphé par le ministre de l’Economie et des Finances de la Dette et des Participations, Charge de la lutte contre la vie chère, Thierry Minko, détaille les modalités et les contours de ces levers de capitaux. Ainsi, les Bons du Trésor assimilables (BTA) devraient s’élever à 566 000 milliards de FCFA. Tandis que les Obligations du Trésor Assimilables (OTA) oscilleront autour de 480 000 milliards FCFA. La grande inconnue restera seulement la mobilisation des investisseurs et autres souscripteurs autour des offres et la signature du Gabon.
Le Gabon, premier émetteur de la sous-région
Il convient toutefois de noter que ces prévisions sont en légère hausse par rapport à celles de 2025. Sur la période, le Gabon avait prévu de lever près de 977 milliards de FCFA. Ce montant se répartissait entre 430 000 milliards de FCFA pour les OTA et 547 500 de BTA. La période était s’autant plus cruciale qu’elle représentait une transition et une charnière pour le pays, marquée par une nouvelle présidence et des réformes structurelles…Mais contre toute attente, le pays a réussi à lever un montant record de1 648,5 milliards FCFA, tout en se positionnant comme le premier émetteur de la sous-région.
Un cadre alternatif aux Etats permettant de mobiliser des ressources pour la couverture de leurs besoins de financement
Le marché régional des valeurs du Trésor émis par adjudication, lancé en en novembre 2011 par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) est devenu un pilier du financement des budgets nationaux dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et République centrafricaine). Il a vu le jour à la suite de la suppression progressive des avances aux Etats membres de la CEMAC. Il constitue un cadre alternatif aux Etats permettant de mobiliser des ressources pour la couverture de leurs besoins de financement. C’est en mai 2013 que le Gabon l’intègre.
Le marché des titres publics vise plusieurs objectifs : collecter davantage de ressources que dans le système des avances directes de la Banque centrale aux Trésors ; permettre aux entreprises et aux particuliers de souscrire à des instruments financiers rentables, peu risqués et liquides par le canal des institutions habilités ; permettre aux établissements de crédit de placer à des taux d’intérêt intéressants leurs liquidités oisives déposées à la BEAC.
Il contribue également à l’approfondissement du volet titres publics du marché financier régional ; à donner à la politique monétaire une plus grande marge de flexibilité et constituer un stock suffisant de titres servant de support à la politique d’open market ; élargir la gamme des supports de placement des épargnants et des investisseurs ; moderniser le mode de financement des Trésors publics en passant d’un système statique de gestion de la dette à un système plus dynamique et plus performant, pouvant permettre de mieux maîtriser les coûts et les risques afférents à l’endettement public.
Les Obligations du Trésor assimilables émises pour des durées supérieures ou égales à deux ans, ont une valeur nominale de 10 000 francs CFA, ses intérêts sont payables annuellement. Tandis que les Bons de Trésor assimilables sont émis pour des durées de 13, 26 et 52 semaines, avec une valeur nominale fixée à un million de francs CFA et dont les intérêts sont précomptés.



















